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VOYAGE LE LONG DU CANAL 

  

  

  

1ère étape

  

 

TOULOUSE

 

ECLUSE DE LA MEDITERRANEE

 

     438Km de voiture pour atteindre Toulouse où nous sommes superbement accueillis par Mme Gieules, Chambre d’hôte « les Muriers », au 13 de la rue Pierre Brossolette. C’est de là que notre périple va débuter.

   

      Après une excellente nuit passée dans une magnifique chambre, un copieux  et succulent petit déjeuner, c’est l’heure de partir pour la première étape de notre découverte du canal du midi.   IMGP5033 1

 

   Dernier regard vers Toulouse

 

      Nous quittons la ville de Toulouse au pont des Demoiselles par la voie cyclable, en direction de Rangueuil et Ramonville.

Une piste cyclable goudronnée, propre et en bon état nous est annoncée jusqu'à Port Lauraguais. C’est de bon augure, car notre étape de 55 kilomètres devrait nous permettre d’atteindre l’écluse de la Méditerranée en début d’après-midi.

      C’est sans compter que cette voie est utilisée par les étudiants de la faculté de Rangueuil, qu’elle sert également de lieu de promenade pour  les mères de famille et les Rollers. Malheureusement, elle sert aussi de piste d’entrainement pour des cyclistes amateurs qui se prennent pour des coureurs professionnels et circulent à vitesse excessive. Plus grave, des groupes de cyclotouristes faisant leur sortie de club ne vous laissent pas le temps de vous garer. Ils vous croisent ou dépassent en exprimant le plaisir qu’ils ont de vous rencontrer en des termes que la politesse élémentaire m’interdit de citer ici.

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Le port sud ROMAINVILLE

 

      Ces petits désagréments mis à part, nous rallions Ramonville et son port fluvial pour commencer la chasse aux tampons, justificatifs de notre passage pour ce voyage itinérant et faire nos premières photos. De grandes péniches aménagées en habitations jalonnent le trajet, ce qui provoque des arrêts fréquents.

      Le soleil se fait de plus en plus chaud et un vent léger se lève. Un arrêt  aux écluses de Castanet et nous repartons pour Montgiscard  et son lavoir remarquablement conservé, un des rares restants sur le canal. Il était autrefois interdit de laver son linge ailleurs, ce qui explique qu’il y en avait tout le long du canal. C’était également un lieu de circulation de l’information et de communication entre les personnes.

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Le lavoir de MONTGISCARD

 

      Pour nous, c’est le moment de se ravitailler. C’est facile puisqu’à quelques dizaines de mètres du canal, la boulangerie « Au pain gourmand » propose des « formules repas », à savoir un gros sandwich, une boisson et une pâtisserie. Nous optons pour la « formule jambon  fromage » et repartons sur le bord du canal pour trouver un petit coin sympathique afin de faire notre pose repas.

      Le petit vent léger qui se levait s’est transformé en vent d’autan que nous avons de face, le soleil est de plus en plus chaud, ce qui ralentit notre progression. Juste après l’écluse d’Aiguesvives, blottie sous les platanes, une aire de repos nous accueil. Nous jouxtons l’aire d’autoroute ce qui génère quelques nuisances, mais celle-ci étant accessible à pied, présente l’avantage de nous fournir des sanitaires et un point d’eau. Tout en déjeunant nous rencontrons un couple de marcheurs avec qui nous devisons quelques instants.

      Les rencontres, il y en a aussi avec les éclusiers qui sont toujours prêts à vous renseigner, vous aider, ou simplement causer quelques minutes en attendant l’arrivée d’un bateau. Il y a les mariniers ou les plaisanciers, avec qui on échange quelques mots pendant une manœuvre d’écluse et que l’on retrouve à l’écluse suivante. Nous faisons aussi des rencontres insolites, mais nous en parlerons plus loin.

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Pire que sur l'autoroute !

 

      Il faut repartir sous un soleil de plomb qui nous fait transpirer malgré l’ombre des platanes qui bordent le canal.

Après avoir passé l’écluse du Sanglier où nous retrouvons deux mariniers qui ramènent un bateau vers Sète et que nous avions déjà vus le matin à celle de Vic, nous faisons une halte à l’écluse de Négra.

 

     Nous passons ensuite les écluses doubles de Laval et Gardouch où le pont canal a subi quelques restaurations, pour rejoindre l’aqueduc de l’Hers.

 

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Un pont canal

 

       Après quelques photos et une pose pour éponger la sueur car le soleil tape fort, nous continuons notre route vers les écluses de Renneville, Encassan et Emborrel  pour arriver à Port Lauraguais où se termine la piste cyclable goudronnée.

       A partir de là, plus de piste cyclable et nous découvrons le chemin de halage et ses pièges. Finie la ballade dilettante où l’on pouvait admirer une fleur ou les couples de canards qui peuplent le canal. Il faut veiller aux nids de poules traitres que vous allez éviter en allant vous planter dans un autre. Les platanes, tant admirés quelques instants plus tôt, vous tendent leurs racines traitresses en travers du chemin. A nous la découverte du VTT avec une randonneuse lestée de 15 kilogrammes de bagages. Peu importe, nous continuons, la piste étant assez large malgré son état, nous rallions assez rapidement l’écluse de l’Océan et le seuil de Naurouze.

       Le seuil de Naurouze est le point culminant du canal. C’est le point de partage des eaux. C’est à cet endroit qu’elles hésitent à couler vers le sud ou le nord. Ce qui explique que le canal coule vers Toulouse à partir de l’écluse de l’Océan et vers Carcassonne à partir de l’écluse de la Méditerranée.

Une photo de l’obélisque érigé en l’honneur de Paul RIQUET, réalisateur du canal et nous rejoignions le port du Séguéla pour une halte rafraichissement bienvenue, compte tenu de la chaleur accablante, au « Relais de Riquet ».

      Nous avons hâte de rejoindre le terme de l’étape et nous nous renseignons sur la distance qui nous reste à parcourir, ainsi que sur l’état du chemin de halage :

Ce n’est pas loin, 1,5 kilomètre environ et c’est roulant !

Hélas, en réalité il y a 3 kilomètres d’un sentier étroit et complètement défoncé par la pluie et les tracteurs. Il va nous falloir presque une demi-heure pour parvenir à l’écluse de la Méditerranée, terminal de notre première étape.

 

 

IMGP5083-1.jpgUne pause bien méritée

 

      Si la péniche 'La Kapadokia' et bien là pour nous héberger, une autre surprise nous attend quand l’éclusier nous apprend que pour diner il faut que nous retournions au« Relais de Riquet ».

      Quand nous lui annonçons que nous ne somme pas chauds pour refaire le bord du canal deux fois pour aller manger il nous dit simplement : 

           -  Pas la peine, prenez la route le long de l’autre côté du canal c’est mieux !

      Après une douche salvatrice nous avons enfourché nos destriers, délestés de leurs sacoches, afin de nous restaurer. Le retour dans le soir couchant fut rapide et le lit bienvenu.

 

  

  

2ème étape

 

 

ECLUSE DE LA MEDITERRANEE

  

 CARCASSONNE

 

      Après une nuit réparatrice et un copieux petit déjeuner, nous découvrons plus à fond la péniche Kapadokia.

Les propriétaires ont transformé cette ancienne péniche, utilisée autrefois pour le transport du pétrole, en trois luxueuses chambres d’hôtes et une grande salle commune.

 

IMGP5089-1.jpgLa péniche KAPADOKIA

 

      Nous y rencontrons un couple de cyclotouristes hollandais qui, venu de Hollande jusqu’à Lyon à vélo, avait rejoint Montpellier en train et allait à Toulouse par le canal du midi, pour ensuite rejoindre la Dordogne.

      Mais 9 heures 30 a sonné, il est temps de repartir. Le vent d’autan est toujours aussi actif, il ne va donc pas nous faciliter la tâche.

Finie la voie cyclable goudronnée, aujourd’hui ce sont soixante kilomètres de chemin de halage, dont nous ignorons l’état. Selon les informations recueillies auprès des éclusiers, c’est roulant mais il faut être prudent à cause des racines.

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Le chemin de halage après Castelnaudary

sur quelques kilomètres

 

      Trois kilomètres après le départ, nous sommes déjà arrêtés à l’écluse de Laurens, mais pour assister à la manœuvre de passage d’écluse de plaisanciers allemands, rencontrés hier et qui avaient été immobilisés après 18 heures, suite à la fermeture du service des écluses

      Après l’écluse de La Planque, à l’entrée de Castelnaudary, nous retrouvons le goudron. Nous profitons de l’arrêt tamponnage de la carte de voyage pour faire une pose café bienvenue, car avec le vent de face et la température basse, nous sommes frigorifiés. Pendant notre dégustation, nous assistons à l’interpellation, en douceur, d’un jeune S.D.F. plus imprégné de drogue que de mauvaises intentions.

      Le temps passe vite et nous repartons visiter le port de Castelnaudary, ainsi que le pont Vieux et le pont Neuf. Encore un kilomètre de bitume et nous retrouvons le chemin de halage, ou du moins ce qu’il en reste. C’est un sentier de trente centimètres de large, qui zigzague dans une zone herbeuse, sur le bord du canal.

Soudain, le téléphone portable de Christian fait entendre sa sonnerie caractéristique, qui rappelle nos vieux téléphones d’antan. Arrêt rapide, car nous avions convenu que si celui qui roulait derrière avait un problème, il préviendrait l’autre par téléphone. En effet c’est le cas, la roue arrière du vélo de Janine vient de percer. La réparation prend un peu de temps car il faut alléger l’arrière du vélo. Il est presque midi quand nous repartons en direction de Villepinte. A l’écluse de Guerre nous décidons de quitter le rivage pour aller nous restaurer. Le restaurant routier « Relais des Cheminières » nous convient, (c’est le seul dans le secteur). Accueil sympathique, nos tenues incitant au questionnement, la conversation est facile à engager.

      Nous allons découvrir la cuisine du terroir et optons pour la pièce de bœuf aux lentilles. Dès l’entrée, nous comprenons que les portions sont généreuses. Le summum est la pièce de bœuf, qui pèse dans les quatre cents grammes minimum, accompagnée d’une quantité de lentilles en rapport. Après avoir écarté le sacro-saint cassoulet, pour ne pas nous charger l’estomac, c’est gagné !

      Reprise de notre périple en direction de Bram où on nous a prévenus que quatre kilomètres après l’écluse, le chemin de halage est mauvais, racines de platanes très grosses et cheminement difficile. IMGP5111-1.jpg

 

Autre partie du chemin de halage avant Bram

 

      Pour sûr que c’est mauvais, un vrai cauchemar, une racine tous les cinquante centimètres, avec un nid de poule entre les deux. Quand nous disons un nid de poule, nous sommes modestes, car il y en a certains où on pourrait y mettre une oie à couver.

      Avant, nous avons pu admirer le grand bassin de Villepinte et l’écluse où nous avons plaisanté avec l’éclusier, le port de Bram avec les bateaux de plaisance bien alignés. Plus loin, nouvel arrêt pour voir l’aqueduc de Rebenty avec ses quatre arches.

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L'aqueduc de Rebenty

 

      A partir de l’écluse de Villesèquelande, le chemin s’améliore un peu, mais nous avons un retard important sur notre horaire. Impossible d’aller plus vite le vent soufflant toujours aussi fort.

A l’écluse d’Herminis il est 18 heures et il nous reste encore douze kilomètres à faire. Pourtant, nous nous arrêtons un moment pour une rencontre insolite.

      Un jeune garçon remonte le canal en kayak. Il est parti de Sète et va jusqu'à Bordeaux où il espère vendre son canoë pour revenir à Sète en train. Quand on sait qu’à chaque écluse, il sort son embarcation pour la remettre à l’eau de l’autre coté, qu’il y a environ cent vingt écluses entre Bordeaux et Sète, que le canal fait en tout cinq cent vingt kilomètres, il faut du courage car il y a pas mal de coups de pagaie à donner.

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De Sète à Bordeaux en kayak

 

      Avec un moral à toute épreuve, il repart. Nous le regardons s’éloigner et trois cents mètres plus loin, à l’écluse de la Lande, nous le voyons ressortir son canoë et monter le long de l’écluse en tirant son embarcation.

      L’écluse de la Douce marque le passage des cent kilomètres de canal, mais pas la fin de l’étape. Après l’épanchoir de Foucaud nous approchons de Carcassonne.

      A l’entrée de la ville, au pont de chemin de fer, nous quittons le chemin de halage pour emprunter la rue Pierre Semard et le pont d’Iéna, qui nous amène en ville, mais pas encore à notre hôtel, situé près de la gare. Nous suivons le fléchage indiquant cette direction avec l’espoir d’être vite arrivés. Erreur, le fléchage nous conduit bien à la gare, comme nous l’avait précisé l’hôtelier ; mais en nous faisant faire un circuit en ville de quelques petits kilomètres supplémentaires, dont nous nous serions bien passés. Enfin, l’hôtel Astoria nous accueille et l’étape est finie, il est 20 heures.

      La journée elle, n’est pas finie. Après installation, nous prenons une douche salvatrice et nous rendons, sur recommandation de notre hébergeur, au restaurant « GIL » tout proche.

      Là ; oubliée la journée de vent, la crevaison et les mauvais chemins, nous expérimentons un autre volet du cyclotourisme : la bonne table. Spécialiste du poisson, le restaurateur nous recommande la dorade à la plancha, une merveille ! Il est presque 23 heures quand nous attaquons notre nuit

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   Un bateau de plaisance en action

 

       Quelle journée, où nous avons regretté que le long d’un site aussi beau, les collectivités départementales ne fassent pas l’effort d’améliorer les bords du canal, afin de donner à davantage de touristes la possibilité d’admirer le chef d’œuvre de Paul Riquet.

 

  

  

3ème étape

 

 

CARCASSONNE

 

LE SOMAIL

 

      Ce matin, le vent est tombé et aux dires de notre hôtelier et de nos météorologues, nous allons avoir la pluie. Il nous en faut plus pour nous décourager et comme « Pluie du matin m’arrête pas le pèlerin », nous prenons la route en souhaitant qu’elle attende le soir.

      A peine quelques centaines de mètres après notre départ, nous sommes déjà arrêtés. Une voiture ayant éprouvé le besoin de se baigner dans le canal, les pompiers sont en train de la renflouer, sous l’œil attentif de quelques badauds, prêts à leur indiquer comment faire plus vite et mieux.

      Laissant ces braves gens à leurs occupations, nous continuons notre route sur cette voie verte de quatorze kilomètres, roulante, qui doit nous mener à Trèbes. Le ciel est couvert et la température a chuté, ce qui nous oblige à rouler très couverts.

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Le pont canal mixte de Fresquel

 

       Hélas, trois kilomètres plus loin, à l’écluse de Saint Jean, finie la voie roulante, nous retrouvons le chemin de halage, ses racines et ses nids de poules. Huit cents mètres plus loin, nous arrivons aux ouvrages de Fresquel : le pont canal mixte permettant le passage du canal et de la route, l’écluse double et deux cent cinquante mètres plus loin l’écluse simple.

 

 

IMGP5141-1.jpgL’écluse double de Fresquel

 

       Aucun bateau étant en vue, nous reprenons notre route ou plutôt chemin en direction de Trèbes. Un arrêt est  prévu dans cette localité avec un double objectif, le pointage de notre carte de route, mais nous devons également trouver un vélociste pour reconstituer notre réserve de chambre à air. Après une demi-heure de recherche, plusieurs demandes de renseignements aussi « précises» les unes que les autres et deux traversées de la ville, une dame âgée à qui j’explique ce que je cherche et où j’ai déjà été, me dis gentiment avec un grand sourire :

              - Vous êtes passé devant, c’est à côté de la boulangerie, c’est facile à voir, il y a des voitures sans permis devant. C’est lui qui les vend !

      Troisième traversée de ville et je trouve enfin le magasin. Je rentre, salue la personne présente et demande deux chambres à air. J’en profite pour solliciter le tamponnage de nos cartes de route. Mes achats payés, mes cartes récupérées, je ressors en souhaitant une bonne journée au commerçant. Une fois dehors je me dis que c’est la première fois que je fais du commerce avec un muet ou supposé tel. Encore une rencontre insolite, mais navrante celle-là.

       Nous repartons en direction du port de Trèbes et son écluse. Port immense, avec de très jolis bateaux. Nous découvrons également l’écluse triple, bâtie partiellement dans le rocher.

 

 

IMGP5146-1.jpgUn pont après le port de Trèbes

 

      Après un long périple entre les racines et nos très amis nids de poules, nous arrivons à Marseillette. Il est presque midi et nous nous mettons en quête d’une épicerie, afin de trouver quelque chose pour pique niquer sur le bord du canal. Nous ne souhaitons pas renouveler l’expérience culinaire d’hier midi.

      Hélas pas d’épicerie dans le village, la désertification de nos campagnes est passée par là, la plus proche étant à cinq kilomètres et dans une direction qui nous éloigne de notre route.

Toutefois, nous trouvons un petit café – restaurant – tabac, qui porte le nom de « La Terrasse ». Nous mangerons donc sur place !

      Aujourd’hui pas de cassoulet au menu unique de l’établissement, mais un navarin d’agneau servi avec du riz. Pour la quantité c’est identique à la veille, à croire que nous sommes au pays de Gargantua.

      13 heures 30, nous reprenons le bord du canal en direction de Puichéric et de l’écluse de l’Aiguille où un sculpteur expose ses œuvres, des statues en fer soudé d’un grand  réalisme. Notre cheminement se poursuit en direction de la Redorte.

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La Redorte 

 

      Une halte s’impose pour admirer le pont Neuf construit par Vauban, ainsi que l’épanchoir d’Argentdouble, construit par un maître maçon biterrois, Jean David, sur ordre de Vauban. Mais le temps menace et le chemin est peu roulant. Aussi décidons-nous de quitter le chemin de halage pour la petite route départementale qui longe le canal. Par mesure de précaution nous mettons les housses sur les sacoches afin de parer à toute éventualité.

       Nous passons à Homps pour voir l’écluse de Pechlaurier, la dernière avant les écluses de Béziers et arrivons à Argens Minervois. Nous continuons par Roubia et Paraza où nous pouvons voir l’aqueduc de Répudre et où nous retrouvons le bord du canal, la route départementale ayant été construite sur le chemin de halage. Le temps est toujours menaçant et nous filons sur le Somail, terme de notre étape. Arrivés à Ventenac en Minervois, le temps s’est un peu éclairci et nous faisons une halte au bord du canal pour prendre une photo de  l’église.

 

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Ventenac en Minervois

    

  A la sortie de Ventenac nous décidons de reprendre le chemin de halage qui est en meilleur état. Le froid et le vent ont fatigué les organismes. Il est 17 heures 45, il ne reste plus que cinq kilomètres à parcourir et dans vingt minutes nous pouvons espérer être arrivés.

      C’est sans compter sur les impondérables de la mécanique. A quatre kilomètres du Somail, le pneu arrière du vélo de Janine présente des faiblesses du coté de la pression. Pressés de rentrer et si proche du but, il est décidé de le regonfler, plusieurs fois si nécessaire. Une seule halte gonflage suffira pour arriver au terme de notre étape.

 

      Au port du Somail, nous sommes en pays de connaissance, nous y étions passés début mars lors de la reconnaissance du parcours. Nous retrouvons avec plaisir Pierrette Bernabeu qui va nous héberger dans une des chambres d’hôtes de l’ancien relais de poste de la couchée du Somail.

 

      Avant de prendre une bonne douche et se préparer pour une soirée détente méritée, il faut réparer la roue du vélo de Janine. Après démontage et remplacement de la chambre à air, le vélo est de nouveau prêt.

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Relais de Poste du Somail Chez Pierrette Bernabeu

 

      Après un long moment de détente sur la terrasse, le long du canal, est venue l’heure du repas.

      Nous traversons le pont saint Marcel et nous dirigeons vers le restaurant « l’O à la Bouche ». La vaste salle contemporaine est totalement à l’opposé du village XVIIème siècle. La cuisine est à la mesure du restaurant, moderne et gastronomique. Néanmoins on retrouve dans la carte des recettes du terroir des Corbières, ce qui est apprécié des plaisanciers, notamment des étrangers.

        Mais bien que nous soyons relaxes, il faut penser à aller se reposer, demain étant un autre jour, en espérant que la pluie qui nous a épargnés sera aussi aimable demain.

 

  

  

  

4ème étape

 

 

LE SOMAIL

 

AGDE

 

      Les vélos rechargés, nous sommes prêts à reprendre notre périple. Le ciel est plus clair et laisse présager d’une journée passable avec un temps variable. Nous faisons quelques photos avant de quitter ce village si pittoresque.

      Comme il n’y a aucune écluse jusqu'à Béziers nous décidons d’emprunter la route départementale qui longe au plus près le canal.

 

 

IMGP5176-1.jpgLe pont et la chapelle du Somail 

 

      Nous quittons le Somail en direction d’Argeliers via Mirepeisset.  Au croisement avec la D11 nous prenons direction de Capestang. En ce jour de 1er mai la circulation est peu dense et le vent faible aussi progressons-nous correctement. Depuis le départ ; Janine se plaignait que son dérailleur déraillait ce qui, paradoxalement n’est pas normal pour un dérailleur. Première halte, après un rapide examen on ne voit rien d’anormal, mais quelques kilomètres plus loin cela recommence. Nouvel arrêt et avec un examen plus approfondi nous constatons que le flasque d’un des maillons de la chaîne est sorti de son axe (le maillon faible en quelque sorte). Un petit coup de dérive chaine et le vélo est de nouveau opérationnel.

 

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 L’église de Capestang

 

      Le long de la route nous traversons quelques hameaux où des jeunes filles ont installé des étals et vendent du muguet.

Nous arrivons à Capestang où une pause est programmée avant de prendre la route qui va nous mener à Poilhès. Ne la trouvant pas nous accostons un jeune couple et demandons notre chemin :

            - Pourriez-vous nous indiquer la route de Poilhès s’il vous plait ?

            - Ah ! La route de  « Pôlhas » (prononcer « Pouilles ») C’est un peu plus loin, à droite !

      C’est comme cela que l’on se rend compte de la différence entre le français basique et le catalan plus chantant. Nous en tirons la conclusion que chaque rencontre que nous faisons nous apporte quelque chose.

      Arrivés à Poilhès nous retrouvons le canal et rencontrons un couple de cyclotouristes qui fait également la visite du canal, mais d’une façon totalement différente.

Ils se déplacent en camping-car et à chaque étape font un aller et retour le long du canal pour voir les endroits intéressants. Nous en profitons pour nous informer de l’état du chemin. Ils nous disent qu’il est bon jusqu'à Colombiers, mais ne savent pas au-delà

 

 

IMGP5182-1.jpgLe panneau de Poilhès en catalan

 

      Nous reprenons le chemin de halage pour nous rendre au tunnel de Malpas. Creusé en 1679 il permet le passage du canal sous la colline incontournable de l’oppidum d’Ensérune sur la commune de Nissan lez Ensérune. Long de 173m, son nom serait dû aux difficultés rencontrées lors de son creusement et signifie « mauvais passage »

      Pour  nous le mauvais passage est la montée sur la colline car le chemin très fréquenté est en mauvais état et la pente très forte. La solution est de monter à pied. Bien nous en prend car nous pouvons voir des bateaux y entrer.

      Pendant que nous regardons passer les bateaux nous voyons arriver un couple de vététistes qui vient de Colombiers. Nous bavardons un moment. Ils nous renseignent sur l’état du chemin et nous indiquent que nous pourrons trouver à se restaurer à Colombiers. Nous continuons à monter au sommet de la colline et dévalons la pente opposée pour admirer la sortie du tunnel.

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Le tunnel de Malpas

 

      Nous rejoignons Colombiers où la halte repas va se situer sur le port. Le restaurant « Pom Cannelle » qui, comme son nom ne l’indique pas, est une pizzeria sera retenu car, en ce jour de fête du travail, il est aussi facile de trouver un commerce ouvert qu’un pou sur la tête d’un chauve.

     Confortablement installés à la terrasse nous dégustons notre pizza en pensant que les météorologues s’étaient trompés avec leurs promesses de pluie alors que nous avons du beau temps. Il est temps de repartir car  nous voulons être à Agde de bonne heure

 

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L’escalier d’écluses de Fonserannes

 

      Comme il n’y a pas d’ouvrage important, nous décidons de pendre la route qui longe le canal jusqu’au petit hameau de Gourgasse pour reprendre le canal avant les écluses de Béziers.

Un rond point où nous ne faisons pas attention et nous nous retrouvons à entrée se Nissan lez Ensérune. Mais à l’opposé de notre destination et sur la Nationale 11 Narbonne - Béziers. Après six kilomètres supplémentaires,  nous nous retrouvons quand même sur notre chemin et atteignons les écluses de Fonserannes.

      C’est jour férié et beaucoup de gens profitent du chemin de halage pour se promener. Nous sommes interpelés par un petit groupe d’hommes qui nous demande d’où nous venons et où nous allons. Admiratif sur nos réponses, l’un d’eux nous dit qu’il souhaiterait faire comme nous mais que sa femme ne veut pas, nous indiquant que c’était la seule du groupe marchant plus loin devant qui ne savait pas nager. Après quelques échanges de plaisanteries nous repartons et rejoignons le groupe de dames à qui nous demandons qui est celle qui ne sait pas nager.      Surprises, deux répondent par l’affirmative. Néanmoins nous plaidons la cause des hommes espérant les convaincre. Elles félicitent Janine pour ce qu’elle a entrepris mais, bien qu’elles soient beaucoup plus jeunes, nous n’arrivons pas à les convaincre.

 

 

IMGP5209-1.jpgLe pont canal de l’Orb 

 

      Nous atteignons enfin Béziers et le magnifique escalier d’écluses de Fonserannes, chef d’œuvre imposé par le souhait de Pierre-Paul Riquet de voir passer son canal par sa ville natale      Nous faisons une halte prolongée pour l’admirer et faire valider nos cartes de route.

      Cet ouvrage est grandiose par le nombre de ses écluses (8) et par la dénivelée de 21,5 mètres sur 300 mètres de longueur. Nous quittons les écluses par le franchissement du pont canal sur l’Orb d’où nous avons une vue splendide sur la ville et la cathédrale.

      Nous traversons Béziers par une voie cyclable en bon état et rejoignons sans problème, à l’écluse de Villeneuve les Béziers, la voie cyclable qui conduit à Portiragnes

      Il est déjà 16 heures 30 et nous sommes en retard sur notre horaire, ce qui est normal. Nous décidons de filer à Portiragnes en profitant de la voie cyclable très roulante, de continuer sur les sept kilomètres de chemin de halage jusqu’à Vias et de prendre ensuite la route de Vias à Agde.

 

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La voie cyclable à la sortie de Béziers

 

      Hélas, jusqu’au port de Portiragnes tout se passe bien, à part le croisement d’un groupe de cavaliers ne comprenant pas ce que deux intrus à bicyclette viennent faire dans leurs chemins et qu’ils obligent à mettre pied à terre en marchant délibérément à plusieurs de front,

      Après Portiragnes, nous mettons presque une heure pour atteindre  l’ouvrage du Libron. Le chemin de halage est complètement ravagé par des ornières de plusieurs mètres de diamètre et des traces de pneus de tracteurs, un véritable cauchemar. Pour améliorer le tout, le ciel se fait menaçant.

      Au moment où nous entrons dans Vias, les premières gouttes d’eau arrivent. Une halte pour nous équiper et c’est sous une pluie battante que nous filons vers Agde. Arrivés en ville, la pluie se calme légèrement et après avoir cherché un peu, nous arrivons à notre chambre d’hôtes chez Madame Vénézia.

      Après avoir pris possession de notre chambre nous décidons de manger sur place. Nous avions repéré un de ces restaurants où l’on peut emporter son repas. Certes ce n’est pas  très gastronomique mais compte tenu du temps  et de l’heure cela fera l’affaire. C’est Christian qui, déjà mouillé, va au ravitaillement, rajoutant ainsi trois kilomètres de plus au compteur.

Nous, qui voulions arriver tôt à l’étape pour nous détendre nous constatons qu’il est presque 23 heures quand nous sommes enfin prêts à penser au repos réparateur.

      Quelle journée !

 

 

 

5ème étape

  

 

AGDE – SETE

 

 

      Ce matin le   beau temps est revenu. Bien que la température soit un peu fraîche, notre dernière étape se présente bien. Pour une fois nous nous sentons détendus car l’étape est courte. A peine trente kilomètres et nous serons au terme de notre voyage.

      Les Voies Navigables de France nous avaient accordé une autorisation de circuler seulement jusqu’à Agde, car après l’écluse du bassin rond, le chemin de halage est non praticable et interdit. Nous nous rendons donc à Marseillan par la route.

      Le dimanche matin, la seule route qui mène à Sète est particulièrement empruntée par des gens qui semblent plus pressés que la loi n’y autorise. Nous devons être vigilants, au moins sur les cinq kilomètres que nous avons à parcourir pour voir le bout du… canal, en l’occurrence la pointe des Onglous où il rejoint l’étang de Thau.

      Nous faisons un crochet par Marseillan plage et nous rendons à l’office de tourisme pour le pointage de notre carte. Nous en profitons pour recueillir des informations sur la région. Maintenant, nous avons fini la découverte du canal du midi, mais nous ne sommes pas au terme de notre périple.

 

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Enfin la Méditerranée !

 

      Direction Sète, la prudence est de mise sur la Nationale 112, car outre la circulation il y a des travaux en cours.  Bien que ne la voyant pas encore, nous sentons la mer toute proche. Puis brusquement, elle apparait au sommet d’une petite montée, bleue, calme et toujours aussi belle. Une halte s’impose pour voir la tour de Castellas qui se blottie dans les dunes.

      Maintenant nous longeons le littoral en partageant toujours la route avec les autres usagers. La piste cyclable, qui à terme reliera Sète à Marseillan est en construction. Le temps beau mais frais n’incite pas à la bronzette. La plage appartient aux mouettes et aux goélands. Au loin nous voyons le mont Saint Clair au flan duquel sont blotties les maisons de la vielle ville de Sète.

      Quelques kilomètres, nous passons le Château de Villeroy et  trouvons la piste cyclable nous menant au port de Sète.

 

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Le mont saint clair

 

      Nous entrons dans Sète par le littoral et arrivons directement au port de pêche. Il est midi et la randonnée se termine suivant la tradition cyclotouriste par un repas. Notre choix se porte sur un restaurant au nom qui résume un peu notre randonnée, puisqu’il s’appelle « Terre et Mer ».

      Le patron, de sang espagnol, dont la grand-mère Aveyronnaise, avait transmis la recette du chou farci à sa mère Toulousaine et qui se réjouit d’être « citoyen du monde », nous recommande ce met.

      Auparavant nous faisons une entorse à notre règle de conduite et dégustons un verre de muscat. Force est de reconnaitre que le conseil du patron était judicieux car le chou farci est succulent.

      Tout en dégustant, nous contemplons le port et sur la place, un Carrousel avec ses chevaux de bois qui montent et descendent au son d’une musique qui rappelle les limonaires de notre enfance. Christian propose à Janine de faire un tour de manège, mais elle décline l’offre, pensant que l’appareil photo ne serait pas loin.

 

 

IMGP5230-1.jpgL’Arrivée au port de Sète

   

      Devant un bon café, nous convenons que notre après midi sera consacrée à la découverte de la ville.

      Nous commençons par le port qui est le poumon de la cité. En premier, le port de pêche et la criée qui malheureusement ne fonctionne pas le dimanche. Plus loin c’est le port aux thoniers. De magnifiques bateaux sont à quai. C’est le moment où ils préparent la saison qui doit commencer le 15 mai, ce qui provoque une certaine effervescence qui attire les curieux et les amis en ce jour dominical.

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Un thonier en attente de départ

 

      De cette partie du port on peut admirer la vielle ville et les façades multicolores de ses maisons. On y trouve de splendides bâtisses à deux, trois et même quatre étages, ornées de grands balcons, d’où les armateurs pouvaient surveiller l’arrivée des bateaux et les marins y travaillant. 

      Nous quittons le port pour explorer les petites rues escarpées qui montent sur les flans du mont Saint Clair en se cachant dans la verdure. Nous en profitons pour repérer le chemin qui mène à la gare, car demain nous repartons par le train sur Toulouse.

      Pour l’heure nous rejoignons la chambre d’hôtes chez Sabine Crouzet, rue des Lauriers roses. Après avoir pris possession des lieux et devisé un long moment avec notre hôtesse, nous savourons ce moment de détente, la maison se situant dans un quartier calme.

 

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Quelques belles bâtisses

 

      19 heures, nous reprenons nos vélos allégés de leurs sacoches, pour rejoindre le front de mer et la corniche Neubourg en quête d’un restaurant. Notre choix se porte sur « Le Venise » qui présente le double avantage d’avoir, une terrasse couverte où nous pouvons mettre nos vélo à l’abri, car un orage menace et une salle avec vue sur la plage et la mer.

      Lundi, c’est le dernier jour de notre voyage. Bien que cette journée soit occupée en partie par le retour sur Toulouse, nous avons prévu de faire, le matin, une visite particulière. Si le cimetière marin où reposent Paul Valéry et Jean Vilar présente une belle vue sur la mer, c’est le cimetière du Py, aussi appelé cimetière des pauvres, qui est notre but. De nombreuses fois, Christian était passé devant la ville de Sète sans pouvoir s’arrêter et il souhaitait s’y rendre pour voir la tombe de Georges Brassens qu’il avait eu la chance de rencontrer autrefois.

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La tombe de Georges Brassens

 

      On trouve la tombe au carré 9. Une tombe modeste qui ne se distingue pas des autres, où il repose en compagnie de sa sœur, son beau frère et « Pupchen » (petite poupée en Estonien) son amie, pour qui il écrira, Je me suis fais tout petit devant une Poupée ou J’ai rendez vous avec vous, entre autre.

      Il y a beaucoup de visiteurs qui s’étonnent de la discrétion de la tombe et entonnent une de ses chansons.

      Le retour sur Toulouse se fera sans problème, si ce n’est la difficulté à monter et descendre les vélos du train, due à la mauvaise volonté des contrôleurs qui n’ont pas daigné ouvrir la grande porte réservée à cet effet, ce qui aurait été plus simple. Enfin !

      A Toulouse nous retrouvons la villa « Le Mûrier » et nos hébergeurs. Nous racontons brièvement nos aventures et mésaventures en dégustant une blanquette de Limoux. Bouteille qu’ils ont débouchée en notre honneur, non pas pour nos exploits bien sûr, mais simplement parce que nous étions leurs premiers hôtes.

 

Ainsi se termine une belle aventure !

 

 

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