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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:20
  
5ème étape
CHATEAUDUN – CHARTRES
Encore le même problème, le départ, ce matin. Ne parlons pas du petit déjeuner, comme d’habitude délicieux et copieux, mais plutôt de notre hôte, François-Xavier et de son métier, qu’il nous fait découvrir avec une certaine passion. Il est gestionnaire de patrimoine.
      Il nous montre ce que sont ses activités et ce que cela génère comme travaille et responsabilités. Nous ne lui demanderons pas de s’occuper de la gestion de nos patrimoines, ceux-ci n’étant pas suffisamment conséquents pour que nous soyons obligés de nous adjoindre les services d’une personne aussi compétente. Après en avoir appris un peu plus sur ce métier passionnant, nous quittons Châteaudun. Le soleil est bien installé et nous réchauffe de ses rayons, même que nous craignons que dans quelques heures il soit trop généreux, surtout que nous allons entrer dans la Beauce.
 
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©C. HUORT
Arrêt dans la  nature
 
       Jusqu’à la rocade extérieure de la ville nous circulons dans une zone industrielle. Nous sommes ensuite dans la plaine et roulons de bon cœur jusqu’au moment où, à hauteur du village d’Orsonville, nous nous rendons compte que nous n’étions pas sur notre itinéraire. Heureusement, une petite route de desserte agricole en très bon état nous permet de rectifier notre erreur. Nous rejoignons Saint Christophe et là encore problème, nous ne trouvons plus notre route. Heureusement un homme nous aborde à qui nous demandons s’il peut nous aider. C’est le maire de la commune, A la vue de notre carte il nous dit que la route que nous cherchons est impraticable avec notre chargement. Il nous donne un nouvel itinéraire qui nous rallonge encore un peu plus.
 
 IMGP1302
 ©C. HUORT
 Bah, nous on pollue moins !  
 
        Nous voici donc partis, direction Flacey sur la Nationale 10, route que vous ne voulions absolument pas emprunter en raison de sa circulation importante. La sortie de Saint-Christophe se fera en partie à pied car une côte à 8 ou 9% nous notre élan. A Flacey, enfin une bonne surprise, comme nous avons à longer la RN 120 sur la traversée de la localité, nous trouvons une piste cyclable en bordure qui nous permet de rejoindre la départementale 360 devant nous amener à Bonneval, en toute sécurité malgré un trafic intense de poids-lourds. Quelques kilomètres plus loin, après un itinéraire en pleine nature, sans relief et sans intérêt, nous entrons dans Bonneval où nous devons faire pointer notre carte de route et acheter notre pique-nique de midi. Pendant que Janine est partie faire nos achats et que Christian garde les vélos, il est accosté par un monsieur qui lui dit : «  Je vous connais, je vous ai vu sur « CycloTourisme » et je suis vos aventures sur votre site ». Les voici partis pour une longue discussion au cours de laquelle Christian apprendra que cette personne est cyclo et que suite à nos voyages, il s’est mis à faire la même chose que nous, en cyclo camping, avec sa femme. Janine ayant fait ses emplettes,  Christian va au bureau de tabac qui se trouve en face de l’église pour faire tamponner les cartes de route.
        Bonneval est surnommée « La petite Venise de la Beauce » car elle est traversée par le Loir qui a de nombreuses  ramifications. C’est aussi une localité particulière, pour son église de pur style gothique primitif, datant du début du XIIIème siècle. Elle est contemporaine de la cathédrale de Chartres.  Elle mesure 47 mètres de longueur, 20 mètres de largeur à la façade et 19 mètres au chevet et a une flèche de 65 mètres au dessus du sol. A remarquer entre-autre, au dessus du maitre-autel, une magnifique rosace ornée d’un vitrail de toute beauté. L’ensemble des autres vitraux a été posé à la fin du XIXe siècle.
 
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© WikipédiA
 
La porte d'entrée fortifiée de l’abbaye Saint Florentin
 
        On ne quitte pas Bonneval sans voir l’ancienne abbaye Saint Florentin. Le monastère bénédictin fut fondé en 857 sous les auspices de Charles de Provence, arrière petit fils de Charlemagne. L’abbaye prit le nom de Saint Florentin lors du transfert des reliques du saint. Elle connut bien des déboires, pillée en 911 lors des invasions normandes, puis durant la guerre de Cent Ans, et enfin en 1568 par le grand Condé, à la tête des protestants. À la Révolution, le domaine fut déclaré bien national et vendu à un négociant qui y installa une filature puis une fabrique de tapis. Il en reste malgré tout la porte d'entrée fortifiée et un beau logis abbatial du XVe siècle. Acquise par le conseil général en 1828, elle devint en 1861, l’asile d’aliénés départemental. Cet asile fut dirigé par Henri Ey (1900-1977) un éminent psychiatre. En 1933 nommé médecin chef de l’hôpital psychiatrique de Bonneval, dans un service de femmes de 380 lits, il y travaille jusqu’à sa retraite en 1970. Il donnait son enseignement à Sainte-Anne : les fameux « mercredis de Sainte-Anne », fréquentés par plusieurs générations de psychiatres. Il organise les fameux colloques de Bonneval en réunissant la fine fleur des psychiatres, des psychanalystes, des neurologues et des philosophes, de toutes tendances.
       Bien que nous n’ayons pas une grande étape, nous ne sommes pas en avance sur notre tableau de marche et nous quittons Bonneval sans avoir tout vu de ses richesses historiques. La sortie de la ville est très traditionnelle, une zone industrielle, jusqu’au lieu dit Pulois où nous retrouvons la nature et l’habitat plus traditionnel. Quatre kilomètres plus loin nous traversons Moriers, petite localité typique de la Beauce où l’on trouve une jolie petite église, non signalée dans les guides touristiques mais qui mérite une petite halte. Encore cinq kilomètres et nous arrivons à notre point pique-nique.
 
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 ©Google Earth
 Le Chaudron Gaulois
 
        C’est en face de l’église Saint-Étienne. XVIème et XVIIIèmesiècle de Le-Gault-Saint-Denis que nous trouvons notre bonheur, un banc pour manger et juste à coté le lieu pour terminer notre repas dans la tradition de nos randonnées. Ce lieu, ou plutôt cet établissement, a un nom qui nous ferait croire que la Beauce est en Bretagne, pays des druides et de la potion magique. Ce nom c’est « Le Chaudron Gaulois », le bar-restaurant du village où nous allons boire notre café, sans lequel l’après midi n’est pas bien commencée. Bien que quelques clients soient présents, c’est dans un silence quasi religieux que nous buvons notre petit noir. Si dans certains villages les rencontres sont des moments d’échange conviviaux et amicaux, ici ce n’est pas le cas. Nous payons nos consommations et repartons rapidement, sous le regard soupçonneux des autochtones que nous venions de déranger et dont nous ignorerons toujours le son de leur voix.
     Direction Dammarie par une route toute droite et plate puisqu’en onze kilomètres nous avons pris quatre mètres d’altitude. Nous traversons le village sans coup férir. La seule activité détectée se trouve à la sortie de la localité ou une usine dresse ses bâtiments farouchement gardés par un portail entrebâillé doté d’une guérite et protégé par des rambardes qui suppriment sa raison d’être l’entrée réelle devant se trouver autre part.
 
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©C HUORT
La cathédrale de Chartres dans les brumes de chaleur
 
       Quelques kilomètres encore dans cette morne plaine, quand même pas si sinistre que celle décrite par Victor Hugo dans « L’expiation », en parlant de Waterloo, mais malgré tout monotone, et nous voyons à l’horizon, se dessiner la silhouette de la cathédrale de Chartres.
       Nous entrons bientôt dans la banlieue de Chartres. Plus précisément à Morancez où nous retrouvons les bords de l’Eure. La circulation est plus dense. Nous passons au dessus de l’autoroute A 11 puis arrivons au Coudray où sur notre droite nous découvrons une église entourée de son cimetière comme c’était courant il y a deux siècles. Deux cent mètres plus loin nous apercevons sur notre gauche une piste cyclable venue de nulle part et non signalée. En bons cyclotouristes soucieux de sécurité (la notre…), nous la prenons afin de nous soustraire à la circulation automobile et parce que nous sommes plus tranquilles.
      Brusquement à la hauteur de la Mairie du Coudray plus de piste cyclable et nous nous retrouvons au milieu d’un carrefour, en pleine circulation, pour reprendre la route. Quelques mètres plus loin nous trouvons le Panneau « Chartres » et comprenons pourquoi la piste cyclable s’arrête subitement.
 
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©C HUORT
 L’Eure dans le vieux Chartres
 
       Nous entrons dans une ville qui ne nous est pas inconnue car lors de notre voyage itinérant Bordeaux-Paris en 2010, nous y avons fait étape. Il nous suffit maintenant de retrouver la rue du Pot Vert, dans le vieux Chartres, où nous avons réservé une chambre d’hôtes. Notre GPS nous simplifie la vie et nous mène sans problème à notre destination, « Les Conviv’hôtes » où nous retrouvons Sylvie Ménard qui nous accueille avec un plaisir non dissimulé. Nos vélos garés et nos bagages déchargés elle nous conduite à un petit studio ravissant où nous allons passer la nuit. Il est dix sept heures, après une bonne douche réparatrice, nous partons dans la ville pour continuer à découvrir ses trésors historiques.
       Chartres, c’est sa cathédrale, chef d’œuvre de l’art gothique qui vit le sacre d’Henri IV le 27 février 1594 et où l’on trouve dans une chapelle absidiale du déambulatoire, le voile de Marie. Il s'agit d'une relique très importante qui fut offerte en 876 à la cathédrale par Charles le Chauve, empereur d'Occident. Ce voile, selon la tradition, est la chemise que portait Marie lors de l'Annonciation, au moment où le Verbe fut conçu. Le pèlerinage de chrétienté, à la vierge Marie, qui a lieu à Pentecôte attire plus de dix mille pèlerins. Il faudrait une bonne journée pour tout voir dans cet édifice tellement il y a de richesses architecturales.
 
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©C HUORT
 Quelques maisons à colombages
 
    C’est aussi dans les rues étroites du vieux Chartres, les maisons à colombages parfaitement conservées dont la maison du Saumon qui abrite l’office du tourisme. On peut également visiter l’église Saint-Pierre, l’église Saint-Aignan et la collégiale Saint-André qui est un ensemble architectural roman de la seconde moitié du XIIème siècle.
       A voir aussi, les Celliers de Loëns où les frères Lumière firent plusieurs projections de films, le palais épiscopal qui hébergea Henri IV lors de son sacre et l’ancien hôtel des postes, sans oublier les halles Baltard et la maison Picassiette (ou la maison aux milles morceaux) construite par Raymond Isidore dit « Picassiette » (1900-1964) exemple d’architecture naïve composée de mosaïques de verre et de faïence coulés dans le ciment.  Mais vous pourrez flâner dans la ville basse au bord de l’Eure.
       Vingt heures, ce soir nous n’avons pas la table d’hôtes comme depuis notre départ de Poitiers mais, nous rejoignions le cloitre Notre-Dame où  nous retrouvons « le café Serpente ». C’est un restaurant où nous avions déjà mangé lors de notre précédent voyage, alors que tous les autres restaurants alentours étaient fermés, pour cause de « Lundi ». Aujourd’hui ils sont ouverts, mais par reconnaissance, nous dinons au Serpente. En plus le rapport qualité-prix-accueil étant connu et reconnu, c’est une raison supplémentaire pour y aller.
        Repas terminé, nous rejoignons la « Conviv’hôtes » située sur le bord de l’Eure dans la vieille ville basse, en flânant encore un peu dans la vieille ville haute. Chartres est vraiment une ville particulièrement attachante.
 
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 ©C HUORT
  Façade de la cathédrale au couché du soleil

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