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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 17:44
 
     Depuis un mois le silence, mais je ne vous avez pas oubliés. Pris par d'autres obligations, toujours cyclotouristiques, je vous ai involontairement privés de la suite du récit de notre voyage de Toulouse à Bordeaux et j'en suis désolé.
 
 
5ème étape
LANGON – BORDEAUX
     
       Ce matin, au moment du départ,  c’est bien une chambre d’hôtes et non un hôtel que nous avons l’impression de quitter tant l’accueil a été chaleureux.  Après une photo souvenir avec  notre hôtesse Annelie, nous reprenons nos vélos pour rejoindre Bordeaux. Nous commençons par nous offrir une balade dans le vignoble situé au nord de Langon et quel vignoble !
 
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© Photo C. HUORT
Le château d’Yquem et une partie de son vignoble
         
      A sept kilomètres de Langon nous quittons la D 116 pour faire une visite à un petit village connu du monde entier, Sauternes. Avant d’y arriver, tout en roulant, nous admirons les coteaux couverts de vignes. Nous faisons une halte au plus grand château produisant le seul vin liquoreux classé premier grand  cru supérieur, le château d’Yquem. Il est considéré comme le plus grand vin du monde. Les millésimes les moins recherchés se vendent aux environs de deux cents euros la bouteille et les plus anciens peuvent atteindre plus de quarante mille euros comme le 1847 par exemple.
       Le château d'Yquem date des XVIe et XVIIe siècles, il a la forme d’un quadrilatère construit autour d'une vaste cour. Classé monument historique en 2003 pour ses décors et peintures (fresques de la chapelle, cheminées et fresques du corps de logis principal) il a été bâti sur l’emplacement d’une forteresse du XIIe  siècle qui dominait la vallée du Ciron.
       Sauternes est une localité de moins de mille habitants qui, avec les communes de Bommes, Fargues, Preignac et Barsac forme le vignoble du sauternais. C’est grâce à un climat particulier dû à l’humidité de la rivière, le Ciron qui favorise la pourriture noble du raisin, que l’on peut obtenir ce vin liquoreux prestigieux. 
 
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Mairie de Sauternes et sa statue
 
      Comme à  Grisolles lors de la première étape, où nous avions trouvé un coq perché sur une croix de mission, ici la particularité est la présence d’une statue de la vierge sur le fronton de la mairie. Ceci est dû au fait que de 1837 à 1902 le bâtiment abritait une école religieuse. En face de la mairie une visite à la maison du Sauternes s’impose car plus de quatre vingt crus du sauternais y sont présenteés et commercialisés bien sûr.
      Nous continuons notre voyage par Landiras où une halte rafraîchissement est la bienvenue, à l’eau évidemment. Deux kilomètres après la sortie du bourg, une pose pour admirer le château et nous filons vers Saint-Michel-de-Rieufret, Saint-Selve où nous faisons une halte photo au château de Montalier qui sert de centre de post soins psychiatriques, puis La Brède.
 
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Photo C. HUORT   
               L’Arrivée à La Brède !
 
 
      A l’entrée de La Brède, ralentissement et embouteillage de voiture. Nous voyons au loin que la route est déviée, ce qui nous inquiète car il est midi et nous avons décidé de manger dans le bourg. De plus nous devons absolument faire tamponner notre carte de route chez un commerçant, ce qui n’est pas toujours évident le dimanche. Arrivés à hauteur du barrage, les voitures ne peuvent pas entrer en ville mais le service d’ordre nous salue et nous dit que nous pouvons passer. Surpris  mais content, nous  entrons et à hauteur de la mairie nous sommes accueillis par une fanfare, une foule endimanchée et un défilé de jeunes gens en tenue de cérémonie. Nous n’avions parlé à personne de notre venue et sommes flattés de cet accueil que nous apprécions.
         Nous savourons ce moment jusqu'à ce que nous apprenions qu’en fait nous assistons à la 173ème édition de la « fête de la Rosière ». La rosière est choisie par un comité représentant tous les corps de métiers de la ville. C’est une jeune fille de 18 ans, native de la commune qui choisi un rosier, un jeune homme de 18 ans également natif de La Brède
          Nous ne saurons pas quels sont les critères retenus pour ce choix et si ils ont évolué depuis que Saint Médard institua cette fête à la fin du Ve siècle et dont la première rosière fut Sainte Médrine, la propre sœur de Saint Médard. La première fête de la Rosière eut lieu à Salency en Picardie où est né le saint.
        La fête commence le vendredi soir avec la remise des clefs de la ville par le maire à la rosière pour la durée de la fête. Le samedi  a lieu la fête foraine et depuis quelques années, la corrida ainsi qu’un festival de Salsa.
 
 
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© Photo C. HUORT
La Rosière et son cortège encadrés par les curieux
 
         Le dimanche, les festivités commencent par une messe avant le défilé autour de la ville avec le maire et le député, précédés de la fanfare. Au monument aux morts est jouée la Marseillaise suivie du dépôt de la gerbe et du discours du maire et terminée par un lâché de ballon, la fête foraine se prolongeant jusqu’au soir.
       C’est François-de-Paule Latapie (1739-1823), naturaliste, familier du château et  auteur d'une « Description de la commune de la Brède », qui voulut cette fête dans son testament en l’honneur de Montesquieu, cette  autre figure de la commune
       Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, connu sous le nom de Montesquieu est né le 18 janvier 1689 à La Brède Ce fut un moraliste et surtout un penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières. Auteur entre autres des « lettres persanes » et de « L’esprit des lois », il est considéré comme un des précurseurs de l'organisation politique et sociale sur laquelle les sociétés modernes et politiquement libérales s'appuient.
       La Brède c’est aussi le château où naquit Montesquieu. Le château actuel date du XIVe Siècle mais était à l'origine un château fort de style gothique,  et entouré de douves en eau et pourvu d'un système défensif. Ce château a appartenu à la même famille, celle de Montesquieu, entre le 10e siècle et l'année 2004.
 
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© Jérémie BUCHHOLTZ 
Le château de La Brède demeure de Montesquieu
 
      Pour nous, après la rosière, le pique nique et un petit café au bar au « Cercle de l’Avenir Brèdois » qui a aimablement accepté de rester ouvert un peu plus tard pour nous, Il est temps de partir. Nous nous fions au panneau indiquant la direction Bordeaux plutôt qu’à notre carte. Quatre kilomètres plus loin nous nous retrouvons sur la Nationale 113 au lieu du D 109 censé être plus calme. Heureusement c’est dimanche après midi et comme il fait très chaud la route est pratiquement déserte. Rapidement nous traversons des zones artisanales et industrielles et nous arrivons à Villenave-d’Ornon. La chaleur est de plus en plus accablante, nous sommes en quête d’un "bistrot" où nous pourrions faire une pose à l’ombre tout en nous rafraîchissant, peine perdu car tout est fermé.
        Obsédés par notre soif, au pont de la Maye, nous oublions de tourner à droite pour rejoindre la gare de Bordeaux, terminus de notre voyage à vélo. Nous nous retrouvons dans Talence. Qu'importe, nous continuons, nous avons plus de deux heures avant de prendre le train qui nous ramènera à Poitiers et ce sera l’occasion de visiter la ville. Subitement, comme un mirage dans le désert, nous voyons, sur notre droite ce qui pour nous va être une oasis, un Mac Donald.
       En un clin d’œil, les vélos sont stationnés, bien en vue quand même, même s'il n'y a pratiquement personne dans les rues. C'est avec un plaisir indescriptible que nous nous rafraîchissons. Il fait si frais que nous nous éternisons plus que de raison, mais nous n’avons pas d’état d’âme, car nous ne gênons pas les autres clients. Seuls quelques jeunes gens sont installés en terrasse, sous les parasols.
 
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© Photo C. HUORT
Vue partielle de la gare Saint Jean à bordeaux
 
        Bien que l’on nous ait dit que nous ne pourrions pas atteindre la gare par cette route, nous repartons. Quatre cents mètres plus loin, un panneau nous indique la direction de la gare à droite. Nous nous engageons dans la rue Pelleport, petite voie toute droite dotée d’une piste cyclable, qui va nous mener directement à notre destination en quelques minutes.
      Comme nous disposons de temps et que nous avons à faire valider nos cartes de route, nous nous installons à la terrasse ombragée du restaurant « Le Printemps » pour nous détendre, continuer à étancher notre soif et savourer l’instant de bonheur qui suit la fin du voyage ou presque.
 

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commentaires

Sabine Roche 12/03/2013 18:38


Bonjour


Mon mari et moi avons suivi le Canal Nantes-Brest en VTT, c'était une merveilleuse expérience. Grâce à votre récit j'ai pu préparer ce trajet sans problèmes. Maintenant, vos articles sur le Canal
de la Garonne nous donnent très envie de vous copier, ça sera pour bientôt. Merci pour votre blog sympathique et intéressant.


Cordialement

papytonvelo 18/12/2012 20:34


Bonsoir,  Voyager en train avec les velos c'est toujours la galere.


Merci pour cet agréable récit.


Amitiés.

Jean Michel 16/12/2012 23:45


Pour les lecteurs de  CYCLORETRAITE, encore une belle randonnée qui s’achève et qui nous invite, à, pourquoi pas, pratiquer cette ballade.Merci encore pour les belles photos,la découverte de
belles régions et les récits historiques... Cordialement JMA