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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:15
4ème étape
MARMANDE – LANGON
 
 
       Ce matin avant dernière étape. Le genou de Janine va bien et sa chute rangée au rayon des souvenirs. De quoi cette journée sera-t-elle faite ?  Après la canicule et les erreurs de kilométrage du premier jour, les crevaisons du second et la chute de Janine le troisième, on ne peut que penser à un avenir plus sympathique.
 
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© Photo C. HUORT 
    Le gros chat roux
 
      Nous quittons l’hôtel après le petit déjeuner, mais non sans avoir signalé au patron un cas de conscience que nous avons eu hier soir en rentrant de la Pizzeria. Le temps que nous composions le code d’ouverture de la porte de l’hôtel, un chat est venu s’intercaler entre celle-ci et nous, bien décidé à rentrer le premier. Après quelques instants d’hésitation, nous avons opté pour la solution de le laisser dehors, ce qui eut pour effet de lui déplaire et il s’éloigna doucement en remuant la queue d’une façon significative, prouvant qu’il ne nous félicitait pas.
         Un gros chat roux, que nous avions déjà vu hier dans l’hôtel, vient nous saluer le temps que nous installions nos sacoches sur les vélos et nous regarde nous éloigner comme s’il disait : « au revoir et à bientôt »
      Nous reprenons le boulevard qui mène au pont suspendu que nous traversons facilement malgré la circulation assez intense. Nous nous retrouvons sur cette fameuse D 933 qui est superbement bien aménagée pour les cyclistes et nous atteignions rapidement le pont des Sables et le bord du canal. Après avoir passé l’écluse de l’Avance et un peu avant celle de Bernès, nous marquons un arrêt après avoir vu un ours dans le parc d’un pavillon. L’appareil photo aussitôt entre en action et notre ours se prête de bonne grâce à nos prises de vue car il faut trouver le bon angle pour dissimuler... le socle qui le fixe au sol.
  
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© Photo C. HUORT  
   
Nounours sans Nicolas ni Pimprenelle
 
         Six kilomètres plus loin, nouvel arrêt. Cette fois c’est simplement qu’il faut penser à acheter de quoi manger à midi. Comme nous arrivons à la halte nautique de Meilhan-sur-Garonne, nous pensons pouvoir faire nos achats à cet endroit  et en profiter pour valider notre carte de pointage. Si pour le coup de tampon cela ne pose aucun problème, pour ce qui est du ravitaillement c’est une petite pancarte publicitaire qui nous renseigne en indiquant que l’épicerie  est au village situé sur le coteau à huit cent mètres de là et une trentaine de mètres au dessus du canal, le coteau ayant était taillé pour le passage du canal et de la route.
 
      Nous profitons de l’arrêt et de la présence d’une buvette pour nous rafraichir car il est déjà onze heures, il fait très chaud et le bord du canal n’est pas ombragé. A la table à coté, un couple engage la conversation, nous demandant d’où on venait, où on allait et d’une parole sur l’autre nous apprendrons qu’ils ont un restaurant à Bordeaux, que pour leur retraite ils souhaiteraient avoir une activité physique. Nous leur expliquons comment nous réalisons nos randonnées cyclotouristes et ils pensent qu’il est possible qu’ils fassent comme nous.
      Brusquement nous nous rendons compte que le temps passe plus vite qu’on le croit, il est déjà midi et toujours pas de provisions pour le pique nique. Après avoir pris congé de nos restaurateurs, nous nous dirigeons vers le bourg  de Meilhan situé sur l’autre côté du canal.
 
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© Photo C. HUORT       
 
    Le bord du canal à l’entrée de Meilhan-sur-Garonne
 
       A l’entrée du village, un petit restaurant nous fait un clin d’œil auquel nous succombons. Le pique nique se transforme en repas. La serveuse de type nord africain nous installe en terrasse du restaurant « Les amis du canal » cuisine traditionnelle régionale et prend notre commande. Au menu elle nous propose des plats de type oriental. Nous optons pour un tagine de porc qui nous sera servi par le chef en personne dont l'apparence nous fait penser à l’Inde ou au Pakistan. Pendant que nous mangeons, un cyclotouriste s’arrête et s’installe pour manger à la table à côté de la notre. Pas bavard l’homme, pas de réponse à notre bonjour mais un vague murmure inaudible. Lors de la prise de commande nous comprenons qu’il est anglais ou pour le moins anglophone. Il est formidable qu’en quelques mètres carrés autant de différentes cultures se trouvent rassemblées. C’est cela aussi la magie des voyages, même à bicyclette et un des plaisirs du cyclotourisme.
      Meilhan est un petit bourg qui a le privilège de posséder un tertre  offrant une vue imprenable sur le canal et les méandres de la Garonne. A l’entrée de la rue Edouard Giresse se cache la chapelle du prieuré. On peut voir également « le caveau de l’amiral », sépulture que le contre-amiral Baron de Lacrosse (1760 – 1829) avait fait creuser dans la roche sur sa propriété. Il y reposera dix ans avant d’être transporté au cimetière. Le village est très pittoresque mais pour tout voir il faudrait un temps que nous n’avons plus et nous reprenons le bord du canal avec un petit regret de ne pas pouvoir nous attarder davantage.
 
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© Photo C. HUORT     
Pigeonnier tour à proximité de Fontet
 
      A Hure nous entrons dans le département de la Gironde. Nous passons le port de Fontet et son musée de l’allumette, puis faisons une halte photos un peu plus loin pour admirer un pigeonnier tour. Il fait très chaud et nous filons pour rejoindre Castets-en-Dorthe où le canal de Garonne rejoint le fleuve.
      Depuis Toulouse, nous nous louons de la qualité de la voie verte en bon état. Hélas, les derniers cinq cent mètres, à hauteur du port, sont une vraie horreur. Très dangereux tellement les ornières sont profondes, sans compter les rigoles qui barrent le chemin. Heureusement des promeneurs nous ont avertis  du danger car je pense que nous aurions pu compter une deuxième chute dans le meilleur des cas. Pourtant, quand on consulte le site de la commune de Dorthe, il n’est question que de la qualité du chemin de halage. Sur la carte, en face de la dernière écluse, il est indiqué une route qui chemine au bord de la Garonne. A l’entrée, un panneau nous signale que la voie est sans issue. Nous prenons la direction de Langon et sommes donc obligés de monter dans le village. Une automobiliste marquant un stop nous interpelle aimablement et nous dis que la route du  bas est plus jolie. Nous lui disons avoir vu un panneau « sans issue » et elle nous répond de ne pas en tenir compte. Nous redescendons donc à l’écluse terminale et nous engageons dans cette petite voie, en direction des Jauberthes. Bien nous en prend, c’était bien la route que nous avions prévu et avantage, c’est qu’il y a de l’ombre et pas de voiture. Nous passons le château des Jauberthes et faisons une nouvelle halte pour photographier un autre pigeonnier tour avec un dôme demi sphérique. Il est seize heures trente quand nous arrivons à Langon où nous avons prévu de loger pour la nuit.
 
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© Photo C. HUORT    
 
Ouf, arrivée !
 
      Nous sommes acclamés à notre arrivée à l’hôtel par une bande de joyeux rugbymans qui sont dans leur troisième mi-temps avant d’avoir commencé le match, mais aussi par un maître d’hôtel qui se trouve un peu gêné de cet accueil bruyant. Voyant que nous prenons cela à la rigolade il se détend tout en nous accompagnant au garage où nous remisons les vélos.
      Nous prenons possession de notre « chambre d’hôtes », car tel est l’appellation que lui donne le patron de l’établissement pour bien marquer son importance à la relation avec le client. Après une douche salutaire tant la chaleur est grande et comme nous disposons de temps avant le souper, en bons cyclotouristes, nous partons à la découverte de la ville.
       Bien qu’on y trouve quelques vestiges témoignant de l’existence au XIIe siècle de deux villages qui, par la suite, allaient devenir la citée d’aujourd’hui, même si on retrouve dans la ville ancienne la forme arrondie des douves et fortifications de la bastide du moyen âge, Langon se présente comme une ville moderne du XIXe siècle.
 
 
 
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© Photo C. HUORT 
Le rond point à l’entrée des Allées Jean Jaurès
   
 
       On y ressent une impression d’aisance et de richesses propre aux villes des zones viticoles du Bordelais. Nous découvrons le parc des vergers et sa tour mauresque, les quais qui autrefois étaient utilisés pour le commerce du vin et qui  aujourd’hui servent à débarquer les pièces d’Airbus. Nous revenons par l’église Saint Gervais dont la construction commencée au XIIe siècle, puis reprise aux XIVe et XVe et enfin au XIXe siècle, où le clocher et trois nefs furent bâtis. On peut y admirer un tableau intitulé « l’Immaculée Conception » peint par Zurbaran en 1661. C’est un don  du député du second empire Emile Pereire en 1863 et dont l’origine fut découverte en 1966 seulement. On y trouve également un orgue réalisé par le facteur Cavaillé-Coll datant de 1857. Nous rejoignons l’hôtel en passant par la rue Saint Gervais qui était aux XVIIe et XVIIIe siècles, le haut lieu des nuits Langonnaises puisqu'on y trouvait une multitude de cafés concerts, mais aussi les maisons de tolérance, qui se développèrent en même temps que l'activité portuaire.
 
       Pour nous; le haut lieu de notre nuit sera l’Hôtel du Lion d’Or. Si le nom est courant pour ce genre d’établissement, celui-ci est particulier puisque construit dans un ancien relais de poste et plus connu sous le nom d’hôtel Claude Darroze. Les Darroze, c’est presque une dynastie car Claude est l’oncle d’Hélène Darroze, la célèbre ambassadrice de la cuisine landaise à Paris, elle-même étant la quatrième génération de restaurateurs landais. Aujourd’hui c’est le fils de Claude, Jean–Charles, qui assure la continuité secondé par Annelie sa compagne.
 
 
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© Photo C. HUORT 
 
                
 Vue partielle de la terrasse du restaurant Claude Darroze
 
 
      Comme avant-hier à Agen, nous allons diner dans un restaurant étoilé, mais au lieu du cadre feutré des salles de ce type d’établissement, ce soir c’est en terrasse que nous nous installons. Malgré le soleil qui n’est pas encore couché, c’est à l’ombre que nous mangeons. En effet ce sont deux énormes platanes, plusieurs fois centenaires, qui font office de parasols. A eux deux ils couvrent de leur feuillage les quatre cents mètres carrés de la terrasse.
 
        C’est Annelie en personne qui nous reçoit, nous présente le menu et qui veille tout au long du repas au bon déroulement du service. Elle nous propose des huitres chaudes farcies façon Claude Darroze en entrée. Nous continuons avec des filets de rougets à la plancha, compotée de légumes soleil, caviar d’aubergines et tapenade pour Janine, ris de veau braisée au jus, saveur andalouse, légumes de saison pour Christian. Après un impressionnant plateau de fromages affinés, de haute qualité, nous terminons avec le croustillant aux framboises, Chiboust & glace au miel.
Nous gouttons un merveilleux moment de détente et de bonheur sous ces arbres, dont les branches énormes et immenses forment un véritable toit de verdure, tout en appréciant la qualité du repas dont on ressent toute la passion que le chef met à son élaboration.
Demain, nous repartirons, comme à Toulouse et à Agen avec dans nos sacoches le menu du restaurant dédicacé par le chef et par Annelie. Ce sera le troisième de la semaine, mais aussi le dernier de notre randonnée.
  
   
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     © Photo C. HUORT   
          
Janine en compagnie d’Annelie Bolt, compagne de Jean-Charles Darroze
Au moment du départ

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commentaires

jacquot 11/11/2012 11:47


Bonne route apres un si bon repas.dur-dur

cycloretraite 11/11/2012 12:09



Merci, mais vous verrez par la suite que ce n'était pas si dur que cela.