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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 14:46
 
      La participation de Janine à la grande manifestation internationale de cyclotourisme féminin que fut "Toutes à Paris " a retardé la publication de la suite du récit de notre randonnée entre Toulouse et Bordeaux du mois de juin. Aujourd'hui nous vous proposons de reprendre ce récit avec la deuxième étape .
 
2ème étape
Castelsarrasin – Agen
 
      La visite de Castelsarrasin est assez vite faite. Ville de garnison dans une zone rurale elle donne une impression de tristesse. Les noms des rues un peu particuliers comme : rue de la discrétion, rue de la solitude, rue du dévouement, rue de la raison, font penser à une éducation à connotation religieuse stricte, donnée aux enfants, alors que d’autres comme, rue de l’égalité, rue de la liberté, rue de la fraternité, rue de la révolution, rue de la république, rappellent plus une orientation laïque.
      Avant de quitter la ville, ne pas manquer l’église Saint sauveur, toute en briques avec sa tour octogonale ainsi qu’une maison à colombage du XVIe siècle, rue de la révolution.
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                                                                                                                        © Photo C. HUORT
Monsieur Canard
      Une famille Canard nageant sur le canal attire notre attention. Nous mettons pied à terre pour les admirer mais cela ne semble pas plaire à Monsieur Canard qui immédiatement sort de l’eau et se dirige vers nous d’un air jovial mais bien résolu à nous barrer la route. Après quelques photos il nous laisse passer, préférant manger l’herbe de la pelouse d’à côté.
      Six kilomètres plus loin nous arrivons au pont canal sur le Tarn qui marque l’entrée dans Moissac. Le pont de Cacor, du nom du quartier voisin, est une merveille architecturale. Long de 356 mètres et composé de quinze arches, il est le troisième plus long pont canal de France. De 1930 à 1932, pendant deux ans, il servit au passage de la voie ferrée alors que le pont ferroviaire avait été emporté par une crue du Tarn.
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  © Photo C. HUORT             
 
Le pont canal de Cacor
   
      Moissac est connue à double titre. Etape incontournable sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, la ville a une vocation touristique et est d’une grande richesse architecturale avec son abbatiale.
      Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’abbatiale est un ensemble réunissant deux périodes architecturales distinctes. Le clocher porche, daté de 1120, abrite un des plus beaux portails romans existants. Dans la nef de l’église abbatiale, la partie basse est de style roman et la partie haute est de style gothique méridional. Une longue visite s’impose. Consacrée en 1063 par le pape Urbain II, elle a été modifiée à l’époque gothique. Les parois peintes ont été restaurées à l’identique du XVème siècle. Le mobilier Renaissance (retable, clôture du chœur) est toujours en place, et des ensembles de statues en bois dorées du XVème siècle, remarquablement préservés, offrent à découvrir, en polychromie, la Mise au tombeau ou la Fuite en Égypte. L’église conserve également un christ roman sur une croix arborescente, datant du XIIème siècle. Choisie comme église paroissiale au lendemain de la Révolution, elle a été épargnée par la vente en biens nationaux.
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© Photo C. HUORT     
Le cloître de l’abbatiale de Moissac
        Le cloître aussi présente les deux périodes architecturales. Les piliers, dont les chapiteaux racontent une interprétation de la bible par les moines de l’époque, sont du XIIe siècle donc romans, alors que les arches brisées plus jeunes de deux cents ans sont gothiques.
       Le palais abbatial est une prestigieuse demeure médiévale, flanquée d’une tour-chapelle dont le niveau inférieur conserve un fragment de décor daté de 1200.
L’autre titre de Moissac, c’est d’être la capitale du Chasselas. La culture traditionnelle de ce fruit d'exception a permis à Moissac d'obtenir le label national de "Site Remarquable du Goût".
      En 1925, Moissac est devenue un centre de cure uvale (du latin uva = raisin). Station uvale et climatique, Moissac voit la création d’un uvarium, lieu dédié à la cure. Aujourd’hui, des formules de séjours sont proposées, comprenant des cures de raisins, aux vertus diététiques et des soins du corps et du visage à base de pulpe de raisin chasselas. La consommation intensive et méthodique de raisin chasselas purifie l’organisme et aide au renouvellement des cellules, et la pulpe nourrie et revitalise la peau.
      Pour tout voir et comprendre l’engouement touristique pour Moissac il faut pouvoir y consacrer une bonne journée et avoir une mémoire extraordinaire. Alors plus simple, si vous souhaitez en savoir plus aller sur le site : http://tourisme.moissac.fr  ou alors y revenir exclusivement pour cela.
  
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© Photo C. HUORT     
Le bateau de Pommevic
 
      Pour nous la journée n’est pas finie, d’autant plus que nous avons un fort vent de face. A midi nous faisons une halte casse-croûte à Pommevic, petit village légèrement à l’extérieur du canal, au bord de la RN 113. Pendant que nous mangeons nous sommes surpris par l’arrivée sur la route d’un…bateau de plaisance, sur un camion bien sûr.
      Nous sommes comme d’habitude en retard et nous ferons, à notre grand regret, l’impasse sur la visite d’Auvillar, un des plus beaux villages de France, remarquable par sa halle circulaire et le point de vue sur la vallée mais situé cinq kilomètres à l’écart du canal.
      Nous passons à Valence, la bastide aux trois lavoirs circulaires. Une petite halte à la place Nationale, carrée  avec les halles datant de la fin du XIXe siècle et nous filons voir la place du colombier réalisée il y a trente ans et qui accueille un pigeonnier sur piliers qui fut transporté de Clermont-Soubiran à son emplacement actuel après restauration.
      Nous reprenons la route le long du canal, toujours avec le vent, passons Golfech et sa centrale nucléaire, Lamagistère, et pédalons allégrement vers Agen afin d’y arriver assez tôt pour visiter tranquillement la ville.
      Il était écrit que ce n’en serait pas ainsi. A hauteur du hameau de Cavaillé, le vélo de Janine donne des signes de faiblesse du côté de la roue arrière évidemment. Arrêt de notre progression et force est de constater la première crevaison  du voyage. Qu’à cela ne tienne, prestement le vélo est délesté de son chargement, la roue extraite, le pneu démonté et la chambre à air remplacée. Mais au moment de regonfler, Christian se souvient que n’ayant pas trouvé sa pompe habituelle au moment de quitter Poitiers, il en avait prestement glissé une autre qui fonctionnait moins bien, avec pour objectif d’en acheter une à Toulouse. Il est un peu tard pour y penser, d’autant plus que la pompe de secours refuse d’insuffler le moindre souffle dans la chambre à air. Janine part donc à la recherche d’une pompe ou d’un gonfleur dans les environs. Au bout d’un moment elle revient triomphante en disant comme Archimède dans sa baignoire : « Euréka j’ai trouvé » et elle repart, sa roue à la main, vers un gonfleur providentiel à quelques trois cents mètres de notre point d’arrêt. Enfin après un stop de presque une heure nous repartons pour les quinze derniers  kilomètres en priant pour que cela ne se reproduise pas.
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© Photo C. HUORT
 
        Nous arrivons enfin en ville d’Agen et heureux que cela se termine bien, nous faisons une pose rafraichissement  pour nous remettre de nos émotions. Il ne nous reste plus que huit cents mètres à faire si l’on en croit le GPS, donc  nous sommes sauvés. Demain matin nous achèterons une nouvelle pompe, c’est promis et de plus nous sommes sûrs que Janine n’oubliera pas.
        Il faut croire que nous ne sommes pas de bons prieurs car, à quatre cent mètres de l’autel, Ho Pardon !... de l’hôtel, la roue avant du vélo de Janine, surement jalouse, se dégonfle prestement. Compte tenu de l’heure, la décision est vite prise, nous finissons à pied et décidons de remettre au lendemain la solution au problème. Nous arrivons enfin à notre hébergement et au moment de remiser les vélos au garage, nous constatons que la roue arrière est encore percée. Heureusement pour nous, un des deux vélocistes d’Agen se trouve au bout de la rue, à deux cents mètres.
        Après un accueil chaleureux de Colette la patronne de l’hôtel des Iles, nous gagnons notre chambre pour une douche salutaire et reconstituante afin de nous préparer pour la soirée. Comme dans toute la France aujourd’hui, c‘est la fête de la musique. En allant au restaurant, nous nous rendons compte de son succès. Tous les trente mètres il y a un orchestre ou un ou deux musiciens, mais aussi une buvette. De là à penser que cela ressemble un peu plus à la fête de la bière ou aux férias, qu’à l’expression d’un art….
  
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© fascicule  E. Mariottat                                 
 
Restaurant Christiane et Eric MARIOTTAT à Agen
 
 
       Pour nous, ce soir, l’expression de l’art nous la trouvons au restaurant Mariottat où nous sommes accueillis par Christiane, la maîtresse de maison, dans un cadre au charme magique. Le restaurant situé dans un parc, donne l’impression d’un lieu où nous venons rendre visite à des amis. L’intérieur de ce logis du XIXe siècle dégage une grande harmonie et la sérénité. Eric aux fourneaux allie avec art les saveurs de produits de grande qualité à un sens inné de la présentation, laissant deviner la grandeur du savoir faire. Tous les ingrédients sont réunis pour que nous gardions de cette soirée le souvenir d’un moment magique. Comme à Toulouse, nous repartons avec une carte-menu dédicacée qui ira rejoindre la collection des grands chefs étoilés.
       Quand nous revenons à notre hôtel, la fête bat son plein et les  pompes à bière fonctionnent à régime soutenu. Certains habitants toutefois, regrettent que cette manifestation soit devenue « la fête des buvettes »  ce qui n’est pas très artistique. Pour l’instant nous craignons que le bruit se prolonge tard dans la nuit et nous empêche de dormir. L’avenir nous prouvera le contraire.
 
Mariottat 
               © fascicule  E. Mariottat                                        
 
  Menu Mariottat
 
 
Une grande  délicatesse  

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