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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 15:59
 
 
Après un silence un peu long dù à un séjour en vacances, nous reprenons le cours de notre récit sur la randonnée cyclotouriste de Toulouse à Bordeaux
 
3ème étape
AGEN – MARMANDE
 
 
      Sept heures, branle bas de combat, il faut être à l’ouverture du magasin du vélociste, pour régler le problème du destrier de Janine. Hier en allant au restaurant nous sommes passés devant la boutique pour connaître l’heure d’ouverture. Nous préparons nos affaires, prenons le temps de déguster un succulent petit déjeuner tout en devisant avec notre hôtesse qui, en plus de son établissement, gère une laverie automatique.
          Il est neuf heures précis quand nous arrivons au « Comptoir du 2 roues » avenue du Général de Gaulle. Aux grands maux les grands remèdes, nous faisons changer carrément les pneus qui donnent un signe d’usure important et les chambres à air. Comme nous avons un temps d’attente d’une heure, nous en profitons pour visiter le quartier. Nous sommes en plein centre ville et dans une des principales rues commerçantes. Nous passons devant un magasin et un jetant un regard furtif à l’intérieur, nous découvrons un cadre particulier.
 
      IMGP1050
 © Photo C. HUORT              
Intérieur d'un ancien grand magasin à Agen 
 
      Ce magasin, qui vend des articles pour la maison, a su créer la disposition d’un commerce moderne et conserver le cadre des grands magasins du siècle dernier, avec son escalier qui permet l’accès à un étage circulaire. L’ensemble, formant un atrium qui donne de la clarté, est couvert par une imposante verrière. On y trouve les colonnes en fonte qui tiennent l’étage. Au pied de l’escalier a été conservée une pièce unique, la caisse de l’ancien grand magasin qui permettait d’encaisser trois clients simultanément.
 IMGP1054.JPG
© Photo C. HUORT                          
La caisse aux trois guichets.
 
      La façade a conservé son style d’origine et l’enseigne qui occupe les lieux a eu la délicatesse de mettre des panneaux très discrets et qui ne dénaturent pas l’ensemble.
     Après avoir remercié la responsable du magasin de nous avoir aimablement autorisés à faire quelques photographies, nous poursuivons la visite du quartier commerçant tout en revenant vers notre vélociste. Nous profitons de la présence d’une petite supérette pour faire les achats du pique-nique de midi. Arrivés à la boutique, la bonne nouvelle est que notre vélo est remis à neuf. Nous réglons la facture sans oublier d’y rajouter le prix d’une pompe neuve pour les crevaisons futures et comme il est déjà onze heures nous quittons Agen sous un soleil assez chaud en direction de Marmande.
      Quelques centaines de mètres après le départ, nous arrivons à l’ouvrage majeur du canal de Garonne. Le pont canal d’Agen est le deuxième plus grand de France avec ses 539 mètres sur 22 piles, devancé seulement par celui de Briare, que nous avons pu voir l’an passé lors de notre randonnée sur la Loire à Vélo, avec 668 mètres. Sa largeur est de 12,48 mètres et sa voie d'eau de 8,82 mètres n’autorise qu’une navigation à sens unique Entièrement bâti en pierres du Quercy, sous la direction de Jean-Baptiste de Baudre, c’est le 25 août 1839 que le Duc Ferdinand-Philippe d'Orléans posa la première pierre du pont. Les travaux furent interrompus entre 1841 et 1846 et sa mise en service a eu lieu en 1849
       Nous traversons ce magnifique ouvrage à pied comme il est recommandé et prudent de le faire, comme le signalent des pancartes installées aux entrées du pont. Cela nous permet de constater qu’il existe des cyclistes qui ne savent pas lire, car nous en croisons par deux fois chevauchant leur cycle, ce qui provoque un croisement acrobatique car le chemin de halage ne fait que 1,80 mètres.
 IMGP1061
 © Photo C. HUORT                          
 Perspective du pont canal d'Agen
  
      Ce passage délicat négocié, nous repartons. La progression est lente et nous décidons d’avancer au maximum avant de déjeuner. Nous passons Sérignac-sur-Garonne et attaquons une grande ligne droite de six bons kilomètres assez roulante, jusqu’à l’écluse d’Auvignon. Nous continuons encore, toujours à la recherche de l’endroit idéal pour une halte repas, quand au passage du pont de Tizané, alors que Christian roule devant et croise un couple de cyclos ceux-ci l’informent que Janine vient de chuter. Si l’an passé sur le bord de la Loire, elle avait profité du 18 juin pour la pelle, cette année c’est la pelle du 22 juin qui ne fera pas date dans l’histoire. Toutefois son genou lui, se remémore la chute de l’an passé puisque c’est lui qui a touché terre le premier.
      Remise de ses émotions, nous faisons encore un bon kilomètre quand nous trouvons une aire aménagée qui nous permet un arrêt bien mérité. Premier travail, sortir la trousse de secours et réparer le genou qui se trouve orné d’un superbe pansement. Puis enfin nous pouvons nous restaurer et faire une pause.
 
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 © Photo C. HUORT                             
 Il n'est pas beau mon genou ?
 
      Quatorze heures, nous repartons car il reste encore presque quarante kilomètres à faire pour arriver à Marmande et la carte de pointage n’est pas validée car nous devons la faire valider à Damazan. Initialement, nous avions prévu de quitter le canal pour faire un crochet et aller visiter un petit village de moins de deux cents habitants, sans histoire, mais qui pour nous est un peu symbolique car il se nomme Thouars-sur-Garonne. Compte tenu de notre retard et en prévision d’éventuels autres incidents, nous décidons de prendre au plus court et de filer sur Buzet-sur-Baïse et Damazan.
      Si ce matin depuis le passage du pont canal, nous n’avons pas vu grand-chose d’intéressant, Damazan va combler ce manque. Après avoir gravi la montée qui mène au village, nous découvrons une épicerie où nous validons notre carte de pointage et pouvons admirer le bourg.
      Damazan est une bastide qui aurait été fondée en 1259 sur l’ordre du Comte de Poitiers, frère de St Louis Roi de France. Elle forme un quadrilatère, au centre duquel se trouve une place au milieu de laquelle est construite la « maison commune » qui deviendra plus tard « Hôtel de Ville »; Autour de cette place on trouve des maisons dont les étage sont construits sur un rez-de-chaussée vide, de manière à former un auvent appelé « couvert » ou « cornière ».
 
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 © Photo C. HUORT                         
 Maisons "cornières" à Damazan
 
      Sur la place centrale, avec l’hôtel de ville où on peut voir des maisons à colombages et remarquer la richesse en couleurs des maisons cornières.qui l’entourent. A l’angle nord-ouest de la place se trouve le château comtal qui servait de résidence au gouverneur militaire nommé par le roi. A l’angle nord-est on trouve l’église Saint Jean de style gothique. A voir aussi La tour d’angle circulaire et un reste des remparts ; la fontaine des Anglais de l’époque médiévale pour son origine mais dont le monument actuel date du XVIIIe siècle et le lavoir d’Escoubet au nord, autrefois lieu de rencontre et d’information des lavandières. En repartant nous passons par la halte nautique et reprenons le chemin de halage pour La Mas-d’Agenais.
      Au pont, nous quittons la voie cyclable et prenons à gauche la route qui monte en ville. Quelques centaines de mètres plus loin et quelques dizaines de mètres plus haut, nous sommes en centre ville. Le cœur de Mas d’Agenais est une bastide ronde. Au centre de la localité on trouve la collégiale saint Vincent datant de la fin du XIe siècle, début du XIIe siècle où l’on peut voir un tableau de Rembrandt représentant un christ en croix. A coté se situe la halle au blé construite au XVIIe siècle avec des poutres récupérées sur le château détruit en 1616 et dont on trouve les restes de l’enceinte et une porte sur l’esplanade de la rue du château. En rejoignant l’écluse on trouve le lavoir de la fontaine Galiane mais il faut être très prudent car la rue présente une forte déclivité et la descente peut être dangereuse. Nous rejoignons la halte nautique et l’écluse afin de continuer notre route car il reste encore quinze kilomètres à faire pour rallier Marmande.
      Quelques centaines de mètres avant d’arriver à l’agglomération de Fourques-sur-Garonne, notre attention est attirée par une stèle sur le bord du chemin de halage. Un stop s’impose et nous découvrons que ce monument a été érigé en mémoire des victimes, le 13 septembre 1908, du vapeur « Le Gascon ». Nous apprendrons finalement peu de chose sur cet événement, si ce n’est que c’est la chaudière d’un vapeur circulant sur le canal aurait explosée. Toutefois il se dit aussi que les marins du « Gascon », s’étant attardés au café de Fourques, auraient appareillé sans remettre de l’eau dans la chaudière du vapeur, provoquant ainsi l’accident.
 
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 © Photo C. HUORT                             
 « Aux victimes du vapeur Le Gascon – 13 septembre 1908. »
 
      Nous quittons le canal au pont de Fourques afin de rejoindre Marmande. Nous profitons d’une petite route tranquille qui serpente entre les champs de maïs qui sont légion dans cette boucle de la Garonne. Quelques hameaux jalonnent cette voie étroite mais en bon état. Nous passons par La Chaume, Chaineuf, Coussan, pour finalement nous retrouver sur la D 933. Cette départementale qui relie Casteljaloux et surtout la sortie d’autoroute, à Marmande, est très empruntée pour les poids lourds. Depuis notre petite voie nous voyons ce trafic intense et nous appréhendons les deux derniers kilomètres de notre journée. Il est toujours désagréable de rouler sur le coté d’une route et d’être sans cesse doublé par des camions. Quelle n’est pas notre surprise quand nous découvrons une route en parfait état et très large avec de chaque côté une voie cyclable confortable. Ainsi nous pouvons rapidement entrer dans Marmande par le pont suspendu qui, un jour de 1930, rendit son tablier si l’on peut dire, puisque celui-ci s’effondra coupant ainsi la ville des autres communes de la rive gauche du fleuve. Après une halte rafraichissement bien méritée compte tenu de la chaleur, nous arrivons à l’Europ’hôtel où nous sommes accueillis par le patron.
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©Pierre Mirosa                     
Statue de la pomme d'amour
 
      Marmande est surtout connu pour sa tomate. C’est suite à une épidémie de phylloxera des années 1860, faisant disparaître le vignoble que les viticulteurs se reconvertirent dans la culture de la tomate, grâce aux recherches d’un horticulteur, Pierre Gautriaud, qui mis au point le principe de la culture sur échalas fichés en terre. C’est pour cela que chaque année, au mois de juillet, on fête la tomate, c’est la  « Tomato Fiesta »
       On dit également qu’un jeune homme pauvre, Peyrot Bory, était épris de la jeune et jolie fille d’un riche bourgeois. Elle portait le nom de Ferline Giraudeau. Sachant qu’il ne pourrait l’épouser, il partit pour Bordeaux où il s’embarqua sur un bateau qui mettait les voiles pour « les îsles ».
       Quatre ans plus tard il revint à Marmande avec, dans son sac rempli de doublons d’Espagne, une boite contenant des graines. Il planta celles-ci dans un endroit ensoleillé et récolta bientôt de jolis fruits rouges et lisses. Chaque matin il déposait quelques fruits sur le bord de la fenêtre de la belle. Un jour elle le surpris en train de déposer son offrande :
- Dis-moi, ami, lui dit-elle, comment s'appelle donc ce fruit délicieux que tu m'apportes chaque jour?
- Lorsque j'étais aux Amériques, les Indiens l'appelaient la "tomate", mais moi je l'appelle "Ferline" en souvenir de toi, tant elle est belle !
- Eh bien, lui dit-elle en se jetant dans ses bras, à partir d'aujourd’hui, nous l'appellerons "la pomme d'amour".
Ferline et sa pomme d'amour ont leur statue au cœur du jardin de l'Hôtel de Ville de Marmande.
       Cette belle histoire se raconte à Marmande, mais pour nous, la suite de l’histoire est de trouver un restaurant pour diner. C’est sur la recommandation de notre logeur que nous nous retrouvons à la Pizzeria « la Strada » où nous finissons la soirée en nous disant que, après tout, même dans une Pizza il y a de la tomate.
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commentaires

Philippe du Pas de Calais 05/11/2012 08:32


De bien belles aventures ! Le voyage à vélo forme la jeunesse.


Merci pour ce blog riche en infos, conseils et recits passionnants.