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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 19:06
Jeudi 9 juin : Après une demi-journée de TER nous avons rejoint Pornic, point de départ de notre aventure. Le TER permet de trouver le temps de la réflexion et nous sommes arrivés à cette pensée profonde :
« Le TER est idéal pour le cyclotouriste, car il peut être le meilleur prologue ou épilogue à toute randonnée »
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Méditation dans le TER
Mais parlons plutôt de la journée. Notre train partant à midi trente deux, nous nous présentons, avec nos vélos lestés de leurs sacoches, à l’accueil de la gare de Poitiers, à midi. Un agent nous accompagne jusqu’au quai correspondant à notre train en nous faisant traverser en toute sécurité à niveau, par les passages de service. Le train étant déjà à quai, il nous aide à installer nos engins après les avoir allégés de leur chargement et à l’heure précise c’est le départ pour Tours. Nous profitons du trajet pour nous sustenter avec les victuailles que nous avions préparées.
Ce pique nique nous ramène à notre enfance où, dans les trains à vapeur, il y avait trois classes. Dans les wagons de troisième classe, avec des sièges en bois, il était courant de voir des voyageurs saucissonner joyeusement et bruyamment
 Il est vrai que les omnibus, s’arrêtant à toutes les gares, soit environ tous les huit kilomètres, les voyageurs avaient le temps de faire connaissance, de faire circuler les nouvelles et bien sûr de manger tout en trinquant en toute simplicité avec leurs voisins de voyage. Des images nous reviennent
Arrivés à Tours, changement de train très facile car la gare étant un terminus, il suffit de passer au bout des quais pour changer de voie. Là aussi le train étant en place nous avons le temps de nous installer tranquillement. Ce TER est un express puisqu’il n’a que deux arrêts, Saumur et Angers, avant Nantes où nous avons un deuxième changement.
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Le bord de Loire vu du train 
Pendant le trajet nous longeons la Loire dans le sens inverse de ce que nous allons faire à vélo. Inconsciemment nous nous immergeons dans ce que nous allons vivre à partir de demain. Langeais, que nous connaissons déjà depuis l’an dernier lors de notre Bordeaux-Paris et où nous allons passer sans faire étape. Saumur et son château où nous serons le lundi de Pentecôte, lors de la quatrième journée. Une mise en condition fictive qui fait office de prologue.
Le fleuve est à un niveau bas. Malgré cela, la verdure est vive, on ne voit pas de trace de sécheresse. Même à certains endroits les canons à eau sont à plein débit sur des semis de tournesol ou de maïs. Dès que la voie s’éloigne de la vallée, les premières traces de jaune apparaissent dans les prairies et les vaches paissent les quelques brins d’herbes restant. Les souvenirs de la sécheresse de 1976 reviennent en mémoire.
Arrivés en gare de Nantes, nous regardons les panneaux d’affichage pour savoir où trouver le train qui doit nous emmener à Pornic. S’il est bien affiché nous n’avons pas l’indication du quai où le prendre. Comme nous avons une demi-heure de battement, pas de souci et nous attendons, car le quai n’est connu que vingt minutes avant le départ. Au bout d’un quart d’heure, toujours pas de nouvelles. Un agent nous rassure, il a surement un peu de retard, mais vous aurez le temps de changer de quai. Enfin cinq petites minutes avant l’heure prévue pour le départ, l’affichage du quai apparait. Bien sûr ce n’est pas celui où nous sommes. Rapidement nous prenons le souterrain accessible par une rampe assez longue et peu pentue pour être praticable par des handicapés. Chance, pour sortir du passage souterrain à hauteur de l’autre quai, une autre rampe existe. Nous pressons le pas car l’heure du départ est arrivée au moment où nous surgissons sur le quai. Nous avons juste le temps de monter les vélos sur la plateforme, aidés par d’autres passagers et le train part.
Ouf ! Il était temps. Nous détachons nos sacoches et accrochons les vélos puis, tout étant rangé de façon à ne pas gêner les autres usagers, nous pouvons nous assoir et souffler un peu. Le trajet est sans histoire et de plus nous avons un contrôleur très sympathique qui avait su faire patienter le chef de gare de Nantes au moment du départ, afin que nous puissions embarquer.
Il est précisément dix sept heures trente cinq quand nous arrivons en gare de Pornic. Sortie de gare facile, car là aussi c’est un terminus. Nous rejoignons notre hôtel situé à deux cents mètres plus loin. Là, nous retrouvons le contrôleur et le conducteur du train qui logent ici pour la nuit, ne repartant que le lendemain matin.
Après avoir pris possession de la chambre et nous être changés de tenue, nous partons à la découverte de la ville.
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Vue partielle du port de Pornic 
La première chose que nous visitons est le port. Après 1668, Pornic devient port Corsaire. Depuis le XVIIe siècle, Pornic est un important port de pêche à la morue. A partir de 1700  il devient un important port marchand. Les chantiers navals se développent. Le chemin des douaniers est aménagé le long du littoral pour permettre aux gabelous de surveiller le trafic maritime et de lutter contre la contrebande. Le commerce triangulaire nord-atlantique se développe.
Au sommet de la falaise, la vieille ville médiévale et son château surveillent aussi bien la Baie de Bourgneuf que les ports s’activant à leurs pieds. Au XIXe siècle, les grandes familles firent élever de fantasques villas balnéaires où le bois coloré des balustres et des frises règne encore en maître. Il faut partir à l’aventure le long des sentiers côtiers, découvrir les pêcheries, une allée couverte, un dolmen, une crique propice aux tête à tête. Puis revenir, au soleil couchant vers les échoppes de la vieille ville, en passant par « La terrasse » si chère à Paul Léautaud.
Il est très vite l’heure de diner et notre choix se porte sur « le salon de Naples » situé à proximité du port en centre ville, parfaite alchimie entre Bretagne et Italie. Crêperie, pizzéria, plats italiens, Mireille vous accueille dans un cadre sympathique et vous propose, crêpes et pizzas préparées avec soin par le chef Philippe.
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Le salon de Naples
Le retour à l’hôtel se fait par le port  où le coucher du soleil donne des couleurs particulières aux bateaux et aux façades des villas et maisons d’armateurs qui le bordent. Nous serions bien restés plus longtemps à admirer le spectacle, mais nous devons aussi nous reposer car demain est le grand départ d’une aventure de onze jours.    

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