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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 16:46

 

3ème étape

  

Redon – Josselin

 

60 kilomètres

   

 

La météo nous annonçant une journée très ensoleillée et des températures élevées, nous décidons de partir plus tôt afin de disposer de temps pour se mettre à l’ombre si nécessaire, l’étape étant de soixante kilomètres.

Petits déjeuners pris et vélos chargés, il est huit heures et demi quand nous quittons l’hôtel. Quelques centaines de mètres plus loin nous sommes déjà sur le chemin de halage. Il fait un peu frais, aussi les manches longues sont supportables.

IMGP5462.JPGPremière halte aux falaises de l’ile aux Pies, pour se découvrir et admirer les aménagements des écoles d’escalade, tyroliennes et autres installations. Aux dires des connaisseurs, nous sommes dans un endroit remarquable où l’eau a su vaincre la barrière de granit de Lanvaux, en lassant ces falaises majestueuses.

Quelques kilomètres plus loin nous arrivons au confluent de l‘Oust et de L’Aff, à l’écluse 19 de La Maclais. C’est la plus fleurie de toutes les écluses déjà vues. Une débauche de couleurs et de senteurs dans une harmonie parfaite. Sous le charme nous marquons une longue pose pour faire des photos. Pause d’autant plus agréable que la jeune étudiante éclusière est charmante et nous accueille aimablement. Alors que l’on vient de la complimenter sur le fleurissement, elle nous indique que nous allons voir une autre écluse aussi belle, plus loin à Limur.

Nous ne verrons pas cette écluse, car au pont de Bilaire nous devons prendre une déviation qui nous mène  au pont de l’Oust en aval. Tant pis, nous nous consolons avec l’écluse de Rieux. De là nous filons à Saint-Conguard pour nous ravitailler à l’unique boulangerie épicerie du village. Là aussi nous trouvons un accueil chaleureux et repartons avec de quoi subsister jusqu’au soir. L’écluse de Beaumont nous offrant un point pique-nique correct, nous y prenons notre frugal repas. C’est à cet endroit que fut inventé au 16ème siècle la première écluse à sas, en vue de la canalisation de l’oust entre Redon et Malestroit, bien avant la construction du canal de Nantes à Brest.

IMGP5491.JPGPendant notre pause casse croûte, nous voyons passer un groupe de cyclos composé de deux couples et de deux enfants installés avec un confort spartiate, dans une remorque identique à celle qui dans mon enfance était utilisée pour aller chercher l’herbe pour les lapins, activité que je n’appréciais pas le moins du monde. Il est treize heures lorsque nous prenons la direction de Malestroit.

Malestroit est situé sur un des chemins de Saint Jacques de Compostelle, elle était protégée par la confrérie des Chevaliers du Temple. C’est dans cette ville que fut signée la trêve de Malestroit en 1343 pendant la guerre de succession de Bretagne. Par la suite, Malestroit fut une des neuf baronnies de Bretagne. Pour nous c’est une citée splendide où sont conservées des maisons à pans de bois qui témoignent qu’à cette époque, la ville avait connu une certaine prospérité reposant sur le textile (lin, chanvre)

IMGP5494Dans la localité, le long du chemin de halage, on trouve une chambre d’hôtes au nom de « la dame blanche » Un panneau nous raconte sa légende : La dame blanche de l’Oust est une noble châtelaine qui s’appelait Ermengarde de Malestroit, pour sauver son père, poursuivi par des ennemis qui désiraient le tuer,  elle se laissa entraîner par le torrent, et y périt ainsi qu’à sa suite ceux qui la poursuivaient. Depuis on raconte qu’elle revient chaque nuit planer au dessus de l’eau qui fut son tombeau.

Quelques kilomètres plus loin nous passons au Roc Saint André et admirons le clocher de la chapelle qui est une véritable dentelle de pierre. Une halte à l’écluse Saint Jouan nous permet de causer avec des plaisanciers qui remontent vers Josselin.

Enfin, dans une courbe du canal, nous apercevons au loin le château de Josselin. Une vue panoramique splendide sur le château, le canal, l’écluse et en arrière plan les maisons d’une partie de la ville.

IMGP5521.JPGDès que nous quittons le bord du canal, c’est la montée. En effet la ville est située sur un escarpement rocheux. Cette situation explique l’architecture particulière du château. Vue du bord de l’Oust sa hauteur est assez impressionnante, vue coté citée il est relativement peu élevée avec un étage et des combles. Il est la propriété des De Rohan depuis le XIème siècle.

En l'an 1008, Guéthenoc, vicomte de Porhoët, édifie une demeure sur ce promontoire. De ce château primitif, il ne reste rien. C’est son fils Josselin, qui donna son nom au château ainsi qu'à la ville. En 1168, Henri II s'empare de la place forte de Josselin et la détruit. Quelques années plus tard, Eudes II relève le château et la ville, dont il fait à nouveau une place forte. A partir de 1231, Josselin passe successivement, par alliance ou par héritage, aux maisons de Fougères, de Lusignan et de France.

En 1370 Olivier V de Clisson, reconstruit une imposante citadelle munie de huit tours et d'un donjon de 90 mètres. Le cardinal de Richelieu fait démanteler le donjon et quatre tours en 1629. Au XVIIIème siècle, le château n'est plus occupé et il devient prison et entrepôt pendant la Révolution et l'Empire. En 1822, la duchesse de Berry, convainc le duc de Rohan de le restaurer. Il est actuellement toujours habité par le quatorzième duc de Rohan, Josselin de Rohan.

Bien d'autres trésors sont à découvrir comme la Chapelle Sainte-Croix, la Fontaine Notre Dame du Roncier, le Musée de Poupées, collection privée de la famille de Rohan. Mais Josselin c’est aussi la basilique Notre Dame du roncier érigée au XVème siècle, à l'endroit où aurait été découverte au IXème siècle, par un paysan dans un roncier, une statue de la Vierge Marie qu’il ramena chez lui. A la nuit, la statue s’obstinait à vouloir retourner dans le roncier ce qui donna le nom à la basilique. A remarquer les gargouilles de l’édifice.

IMGP5534.JPGIl est temps de nous rendre au Clos des Devins où nous avons réservé une chambre d’hôtes. Nous sommes chaleureusement accueillis par madame Astruc dans une demeure du XIXème siècle. Ce n’est pas une chambre qui nous est proposée mais une véritable petite suite avec une terrasse plein sud donnant sur un magnifique jardin fleuri. Après une bonne douche et un changement de tenue nous redescendons en ville pour admirer les nombreuses maisons à colombages dont beaucoup ont une histoire. Même le petit restaurant qui porte le nom évocateur de « Guéthenoc » est situé dans une maison à pans de bois blanche et ocre du plus bel effet. Nous pourrions ainsi passer plusieurs jours pour voir tout ce qu’il y a dans Josselin. Seulement nous devons raison garder et penser que demain nous allons continuer notre périple.

Cette étape a été d’une richesse exceptionnelle comme cela nous avait été dit à Redon et nous espérons que demain ce sera la même chose.

 

 

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