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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 06:26
 
Vendredi 17 juin : Après avoir salué Nathalie Mauger et son mari, nous quittons la Ferme de l’Isle à regret, c’est toujours la même chose avec les chambres d’hôtes. Aujourd’hui c’est une étape de transition avec la traversée de la ville d'Orléans comme gros site principal.
A partir de la sortie du bourg d’Avaray, le tracé de la Loire à Vélo n’est vraiment pas prévu pour les randonneurs au long cours, car il y a des passages plus que dangereux, notamment à Lestiou. Nous ne parlerons pas des chemins de champs ou à revêtement calcaire avec des cailloux roulant gros comme le pouce. Seule la traversée d'Orléans entre le pont de l'Europe et le pont qui mène à Saint Jean le Blanc est irréprochable et très agréable. Passé Lestiou, la route est bonne et nous arrivons à Beaugency rapidement. Nous passons au pied du château Dunois.
Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, Jean Bâtard d’Orléans (1403-1460) devient comte de Dunois et par son mariage avec Marie d’Harcourt, seigneur de Beaugency. Il fait construire sur l’emplacement de l’ancienne forteresse médiévale, ce château où il vécut 17 ans. Ses descendants aménagèrent la bâtisse dans le style Renaissance. La demeure est vendue comme bien national à la Révolution avant que le département du Loiret n’en fasse l’acquisition au XIXe siècle.
Nous nous dirigeons ensuite au pied du pont, ouvrage attesté depuis le XIIe siècle, souvent remanié, dont le franchissement donnait lieu à péage. Sur la troisième arche, se trouvait la chapelle Saint-Jacques destinée à l’accueil des pèlerins. Long de plus de 400 mètres, ce pont compte 23 arches. La légende attribue sa construction au Diable qui exigea en échange une âme. Les habitants lui offrirent un chat. Depuis, les Balgentiens sont appelés les chats.
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    Dessin extrait de la République du centre. Loiret     
  Le pont de Beaugency     
  Nous quittons Beaugency par une voie cyclable en parfait état en direction de Meung-sur-Loire où, là aussi, existe un château avec une histoire particulière.       Le château de Meung est l’un des plus vastes et des plus anciens châteaux du Val de Loire. Jusqu’à la Révolution, il fut la prestigieuse résidence des évêques d’Orléans et accueillit de grands noms de l’Histoire de France. Tout commence avec le 1er château qui servit de cadre au traité de 861 entre Robert le Fort et le roi Charles le Chauve, qui marqua le début de l’ascension de la dynastie capétienne. Le château de Meung fut également un lieu stratégique dans le conflit qui opposa les Anglais aux Français pendant la guerre de Cent Ans : Jeanne d’Arc le délivra après sa victoire à Orléans. De nombreux rois y firent halte comme François 1er, Charles VII ou Louis XI. Il connut ses moments de gloire, en particulier à la veille de la Révolution lorsque l’évêque d’Orléans Jarente de la Bruyère y investit toute sa fortune pour y recréer un petit Versailles. Le château a aussi son côté sombre : il servit de prison. Son plus célèbre prisonnier fut le poète François Villon. Racheté à la Révolution par l’un des fondateurs de la Banque de France, le château de Meung est depuis quelques années une demeure privée ouverte à la visite.  
Au pont nous traversons la Loire pour prendre la levée rive gauche pour rejoindre Orléans par Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et entrons par le splendide pont de l’Europe très particulier par son architecture
  SuperStock 1801-6034
      © View Pictures Ltd / SuperStock
Le pont de l’Europe Orléans
 
Place forte prospère des Carnutes, la ville d’Aurelianis, repousse en 451, grâce à son évêque Aignan, l'invasion des Huns commandée par Attila. Clovis y tient, en 511, un concile important tant religieusement que politiquement. Capitale d'un des quatre royaumes formés à la mort du chef franc, Orléans joue, deux siècles plus tard, un grand rôle lors de la «renaissance carolingienne». C'est dans la cathédrale d'Orléans qu'a lieu, en 987, le double sacre d'Hugues Capet et de son fils Robert le Pieux, pierre angulaire d'un pouvoir de huit siècles. Les monastères et leurs écoles se multiplient. Très vite, Orléans devient un centre d'enseignement reconnu. En 1305, les écoles d'Orléans accèdent au statut d'université. Parmi ses étudiants célèbres, Saint-Yves, Budé, Calvin et Pothier…
A partir de 1344, le duché d'Orléans devient traditionnellement propriété du deuxième fils du roi. Les armoiries de la ville témoignent de cette fidélité à la royauté.
L'époque troublée de la guerre de Cent Ans n'épargne pas Orléans. La levée du siège de la ville, en 1429 par Jeanne d'Arc marque le début de la reconquête des territoires occupés par les Anglais. Au XVe et XVIe siècles, la ville est l'une des plus belles de France. Eglises et hôtels particuliers s'y multiplient. Les guerres de religion troublent fortement cette prospérité. Condé fait d'Orléans la capitale de l'insurrection. La ville subit un siège dévastateur, ses remparts sont démantelés.
L'ordre monarchique engendre une nouvelle prospérité reposant sur le commerce fluvial qui atteint son apogée au XVIIIe siècle. C'est alors que la ville prend la forme qu'on lui connaît encore. La fortune locale repose à cette époque sur le traitement et le commerce des sucres coloniaux, la fabrication du vinaigre et le travail des étoffes.
Orléans est d’une grande richesse en monuments et autres curiosités puisque l’office du tourisme en recommande quarante cinq  Mais il est deux choses au moins à voir, la Cathédrale Sainte Croix et la place du Martroi où trône la statue de Jeanne d’Arc mondialement connue.
N’oublions pas que depuis le départ nous faisons pratiquement une route des vins et ici nous sommes dans les vins de l’Orléanais. A proximité d'Orléans, le vignoble orléanais se concentre principalement sur 4 communes au sud-ouest d'Orléans (Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, Mareau-aux-Prés, Cléry-Saint-André, Mézières-lez-Cléry). L'aire de culture s'étend sur 189 hectares. On y trouve cinq cépages : le pinot meunier et pinot noir, le cabernet, le chardonnay, le gamay et le sauvignon.
Après avoir validé notre carte de  route, comme il est midi  nous faisons notre halte repas place de la bascule à la terrasse du bistrot de la…  La Bascule, cela ne s’invente pas !
A la sortie de la ville, alors que nous nous préparons à prendre le chemin proposé par la Loire à Vélo, nous sommes interpellés par un homme qui nous demande si nous sommes perdus. Il  nous indique de prendre la route de la levée et nous déconseille ce que nous voulions faire. Bien qu'il ne nous ait rien dit, nous comprenons vite que ce doit être un cyclotouriste, notamment par les critiques constructives et amicales faites sur notre matériel et nos équipements.
    Bien nous en prend de suivre ses conseils, la route est très roulante et pratiquement dépourvue de voitures. Nous nous promenons dans la campagne, au milieu des champs de maïs, de tournesol, de blé, d’orge et d’avoine quand brusquement nous découvrons un champ de coquelicots digne des tableaux de Claude Monet, les dames en moins dans le paysage.
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Les coquelicots par Christian HUORT
  Dix sept heures, nous rentrons dans Jargeau, localité qui fait face à Saint-Denis-de-l’Hôtel. Plus que la Loire à traverser encore une fois et nous arrivons à l’étape, l'hôtel Le Dauphin, où nous sommes accueillis, juste avant une averse d'orage importante. En nous voyant le directeur de l’hôtel  pense que nous sommes l’avant-garde d’un groupe de neuf cyclos qui ont réservé sept chambres. Quand nous donnons nos noms il comprend sa méprise et nous explique que ce soir nous serons en compagnie d’autres sportifs. Les vélos mis en sécurité et les bagages dans la chambre, nous nous changeons après une bonne douche et partons à la découverte du bourg.
      Dans la rue principale, on trouve de magnifiques fontaines tout en fer, bronze et acier inoxydable. Les sculptures animalières sont l’œuvre du ferronnier François Lavrat. Ainsi, vous trouverez un bassin central puis à quelques mètres deux autres fontaines de chaque côté de la rue des fontaines. Ici, l’animal à l’honneur est le chevreuil que l’on retrouve sur les trois fontaines et notamment trônant tout en haut du bassin de la première.
 
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Une des Fontaine Chevreuil
    Nous dinons à « La cabane » restaurant aux spécialités portugaises situé à deux pas de l’hôtel. Un cadre un peu particulier mais très conviviale. Quand nous annonçons que nous venons de la part de l’hôtel, le patron du restaurant croit, lui aussi, que nous faisons partie du groupe attendu car il a une table réservée. Nous quittons le restaurant à vingt deux heures et rejoignons l’hôtel où le patron attend toujours le groupe. Il est possible qu’ avec le mauvais temps il ait été retardé.
Avec des souhaits de bonne nuit et d’espérance de beau temps pour le lendemain, nous rejoignons notre chambre et laissons notre hôtelier à son attente, tout en pensant que les cyclos auraient pu prévenir de leur retard.

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