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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:26
1ère étape TOULOUSE - CASTELSARRASIN     
      
Il est neuf heures quand nous sommes prêts à partir de l’hôtel. Toujours le même problème, quand on est bien accueilli et que les gens sont sympathiques il est difficile de partir, enfin !
 
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© Photo C. HUORT               
 
Bon quand y faut y faut ! Ou J’y va, ou j’y va pas !
      
Nous quittons la rue Labéda et rejoignons la place Wilson,  puis remontons les allées Jean Jaurès sur quelques centaines de mètres pour nous retrouver au bord du canal du midi, face à la gare Matabiau, à l’entrée de la voie cyclable qui va nous amener aux Ponts-Jumeaux, départ du canal de la Garonne.
 
       Nous retrouvons l’atmosphère que nous avons connue lors de notre randonnée cyclotouriste de Toulouse à Sète. Le silence des péniches, l’ombre fraiche des platanes et la sécurité tout en étant au cœur d’une ville trépidante et bruyante, sont autant de sensations étranges et contradictoires.
       Trente minutes plus tard nous arrivons au point de départ du canal, non sans nous êtres trompés de route car nous avons confondu la sortie des Minimes avec les Ponts-jumeaux. Erreur qui nous a permis de réparer un oubli, le pointage de notre carte de route et de rencontrer un marchand de chaussures très bavard et a opinion politique très affirmée… Finalement c’est à dix heures trente bien dépassées que nous attaquons le canal avec sept kilomètres au compteur au lieu des trois estimés dans notre projet.
       La voie cyclable est  bonne et propre et nous atteignons rapidement la première écluse de Lalande. Petit arrêt photo et première comparaison avec les écluses du canal du midi.
 
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© Photo C. HUORT           
Ecluse N°1 Lalande
 
       Située en agglomération et habitée, elle est très bien entretenue et a l’aspect comtemporain des pavillons alentour, ce qui diffère des maisons éclusières du canal du midi qui elles, ont conservé leur style d’origine. Il faut dire que l’on retrouve aussi la différence d’époque de construction des deux canaux.
       Après l’écluse de Lacourtensourt, nous croisons  notre premier bateau qui se dirige vers Toulouse. Initialement prévu pour le transport de marchandises par des péniches au gabarit Fressinet, le canal ne sert plus maintenant qu’à la navigation de plaisance.
       Nouvelle halte à l’écluse de Fenouillet où nous assistons au passage d’écluse d’un bateau. Les écluses sont automatisées mais il y a beaucoup de manœuvre à faire pour un passage sans problème. Finalement nous concluons que nous allons plus vite à bicyclette. Suivent les écluses de Lespinasse, Bordeneuve, Saint-Jory et l’Hers que nous passons sans coup férir, pour atteindre Grisolles après un arrêt photo pour capter le panorama de l’église de Castelnau-d’Estrétefonds.
      Il est midi passé quand nous arrivons à Grisolles. C’est jour de marché sous les splendides halles datant de 1894 et dans un état correct de conservation.
 
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© Photo C. HUORT
 Les Halles de Grisolles
  
     Grisolles a une particularité qui impose un arrêt prolongé. C’est le musée Calbet, créé en 1938 par l'écrivain et poète occitan Théodore Calbet. Ce musée d'arts et traditions populaires dispose d'un ensemble de collections liées aux différents aspects de la vie quotidienne régionale de la préhistoire à nos jours. Niché dans une ancienne maison bourgeoise à colombage du 17è siècle, le musée Calbet séduit par la diversité et le charme de ses collections et la qualité de ses expositions.
       Parmi les nombreuses collections historiques et ethnographiques du musée, il en est une qui se singularise par sa spécificité et son originalité : celle qui rend hommage à l’ancienne industrie du balai en paille de sorgho. Grisolles fut également, pendant un siècle, la capitale européenne du balai. Je ne vous raconterai pas l’histoire des balais mais reportez vous au site http://www.musees-midi-pyrenees.fr/musees/musee-calbet/collections/les-balais-de-grisolles / pour connaitre cette tranche de vie de la citée, qui au début du 20ème siècle comptait plus de vingt ateliers et employait plus de quatre cents personnes.
       Aujourd’hui, Jean-Marc Coulon est le dernier fabricant de balai. Il perpétue la tradition héritée de Pascal-Jacques Peyrebrune, ancien régisseur de la poste aux chevaux, au chômage, suite à l’arrivée du chemin de fer, hé oui déjà ! Il se reconvertit en devenant le créateur du balai de Grisolles en 1856. Jean-Marc s’est formé  auprès des frères Roche et Mespoulet il y a plus de trente ans. A cinquante trois ans il est  toujours aussi fier de perpétuer cet art.
 
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© Photo C. HUORT
Le Musée d’art et traditions populaires Calvet
 
      Ne quittez pas ce bourg sans en avoir parcouru les rues. D’autres trésors vous y attendent, telle cette façade en bois d’un ancien commerce ou les soubassements de maisons décorés avec des rangées de briques et de galets. des maisons à colombages cachées dans les petites rues et surtout ne pas manquer d’admirer, place du parvis, cette croix de mission surmontée d’un très fier coq gaulois. Des personnages célèbres sont passés à Grisolles : en 1808 l’empereur Napoléon 1er qui revenait d’Espagne, en 1814 c’est le pape Pie VII qui coucha chez monsieur Maubisson lors d’un arrêt, en 1891 le président Carnot s’arrêta en gare et enfin en 1959 c’est le général De Gaulle qui fit halte dans la localité.
 
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© Photo C. HUORT
La croix et son coq
 
      Mais si Grisolles est le point culminant des visites de la journée, il est temps de repartir car il reste environ trente kilomètre et on nous a recommandé un arrêt intéressant  à ne pas manquer, Montech.
        La chaleur est de plus en plus forte et le thermomètre de la pharmacie indique 27 degrés à l’ombre. Nous reprenons le bord du canal et la voie cyclable. Le bord du canal est partiellement planté de platanes mais malheureusement pas du  bon côté. Les 15 kilomètres sont faits sous un soleil de plomb et notre premier souci, en arrivant à Montech, est de trouver un café pour nous rafraichir et reconstituer notre provision d’eau.  Mais à seize heures trente les cafés sont fermés, leur ouverture est prévue à partir de dix sept heures. Finalement nous en trouvons un à la sortie du bourg et totalement à l’opposé de notre itinéraire. Rafraichis et réapprovisionnés, nous revenons au bord du canal.
        A Montech il y a le canal de la Garonne mais aussi le canal de Montech qui va jusqu’à Montauban, ajoutez à cela le canal de la rampe d’eau et si vous ne connaissez pas les lieux vous partez gagnant pour vous tromper. C’est comme cela que nous nous retrouvons sur la mauvaise route avec d’autres cyclistes d’ailleurs. Retour au point de départ et prise d’informations à l’office du tourisme de la halte nautique. Réponse : «  c’est simple, il suffit de suivre la voie verte ! ». Sauf que la voie verte peinte sur le bord de la chaussée est invisible car usée par le temps et le passage des voitures. Enfin nous pouvons continuer vers la rampe d’eau et Castelsarrasin. Hélas, si nous trouvons bien un panneau nous indiquant que nous sommes au bord du canal de la Garonne, à hauteur de la rampe d’eau rien n’indique le changement de coté, ce qui fait que nous nous retrouvons à l’écluse des Peyrets où il n’y a plus de chemin et nous devons faire demi tour et revenir à la rampe où l’on découvre un petit passage  qui nous renvoie sur la voie verte. C’est à cet endroit que nous rencontrons un couple de motards avec qui nous discutons quelques instants. Après un moment nous apprenons qu’ils sont de la Vienne et plus précisément de Lussac-les-châteaux. Nous repartons finalement sur la bonne route mais en concluant qu’à Montech, non seulement il n’y a pas grand-chose à voir, la rampe d’eau ne fonctionne pas, que la signalisation est nulle et que l’accueil n’y est pas formidable. Il est dix huit heures trente quand nous arrivons, complètement déshydratés, au terme de l’étape. Nous sommes accueillis à l’hôtel Marceillac où on nous offre de quoi nous réhydrater avant de nous donner la clé de la chambre.
 
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© Photo C. HUORT
L’entrée de l’hôtel Marceillac
      Classé monument historique, l’hôtel qui va fêter son centenaire cette année a été construit à la demande de Pierre-Adrien Marceillac de 1910 à 1912 par l’architecte de la ville de Montauban, Antonin Maurou. Lors de l’inauguration, les gens découvrent un grand hôtel moderne de style Art Nouveau, si révolutionnaire pour l’époque qu’on l’appelait « le style nouille ». Aujourd’hui il est dirigé par son arrière petite fille, Marie Hélène Marceillac et son père. On y trouve de magnifiques réalisations en fer forgé ainsi que la verrière de l’atrium, véritable puits de lumière qui éclaire l’accès aux chambres. Coté jardin une marquise court le long de la façade avec une superbe frise en zinc. C’est vraiment l’établissement où il faut faire étape.
     Pour nous la soirée se terminera au restaurant « Le Sillig » petit établissement moderne où l’accueil est aussi chaleureux et généreux que les portions d’une cuisine simple mais plus que correcte.
 
 
 
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© Photo C. HUORT           

Les plaques apposées sur la façade de l’hôtel Marceillac

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