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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 14:02
  
Réveil douloureux pour le genou de Janine, mais pas au point de renoncer. Le départ prévu comme tous les jours à huit heures trente s’effectue aux environs de neuf heures. Nous prenons du temps pour découvrir la ville que nous avons boudée hier, et pour cause.
 
C’est sur les bords de la Loire, lieu de transit et de marchés, que de nombreuses cités antiques virent le jour. Briare est l’une de ces cités.
Aux IVe et Ve siècles, BRIVODURUM, nom d’origine celtique, devient BRIERRE, puis BRIARRE et enfin BRIARE au fil du temps. La ville se développe, vivant de son commerce et de sa viticulture.
Les guerres de religions et celle d’Espagne terminées, HENRY IV et son ministre SULLY amorcent le relèvement de la France et dotent le pays de routes et de canaux afin d’approvisionner PARIS.
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Le Port fluvial de Briare
La construction d’une voie d’eau navigable “Le canal de Loyre en Seine” est lancée en 1604. C'est l’ingénieur Hugues Cosnier qui en assure la réalisation. Après une période d’arrêt, à la mort d’HENRI IV, les travaux sont repris sous LOUIS XIII et se terminent en 1642 grâce à l’apport de nouveaux capitaux par un groupe d’associés “Les seigneurs du canal de Loyre en Seine”.
Les transports fluviaux s’intensifient au XVIIIème siècle et en 1822, on envisage de relier la Loire au Rhône par la construction du canal latéral à la Loire ; creusé sous la Restauration. Mais le passage de la Loire par un système de halage est dangereux. La construction du PONT CANAL est décidée en 1894 pour s'achever en 1896.
Cet ouvrage de 662,69 mètres dont 600 mètres au-dessus de la Loire a été construit par l’entreprise DAYDE et PILLE pour l’ossature métallique, et par la Cie EIFFEL pour la maçonnerie.
Tous ces événements font la spécificité de BRIARE qui poursuit son essor et s’industrialise au 19e siècle avec la création d’une manufacture de faïence fine (dite lithocérame) reprise après faillite par un ingénieur, Jean Félix BAPTEROSSES, qui en réoriente la production vers la fabrication de boutons, perles et mosaïques en émail, de renommée internationale. Aujourd’hui, BRIARE a gardé sa facture et son originalité grâce à son réseau exceptionnel de voies d'eau qui font de la ville la capitale régionale du tourisme fluvial. La visite du port fluvial en donne une idée.
Mais il est temps de prendre la route pour Pouilly sur Loire, terme de la journée en passant par Sancerre, étape où nous allons retomber dans les vignobles. A la sortie de Briare nous faisons une halte dans un super marché ouvert le dimanche pour acheter le pique nique de midi. Une précaution, car le jour du seigneur, dans ce secteur, où pourtant beaucoup de touristes circulent, il est très difficile de trouver une épicerie ou un restaurant ouvert.
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Le Pont aux sœurs
Nous atteignons assez rapidement Bonny sur Loire par une petite départementale peu circulée. Classée Monument historique, l’église Saint Aignan témoigne du passé prestigieux de BONNY-sur-LOIRE, cité fortifiée dotée d’un prieuré, lieu de passage de plusieurs rois de France et de séjour des mariniers de Loire qui dégustaient le petit vin local déjà renommé,   Le Vin des Coteaux du Giennois. Ce vignoble qui couvre une surface de 130 hectares est situé sur les coteaux de la Loire. Les Coteaux du Giennois s'étendent sur plus de 15 communes. Il a la reconnaissance AOC. Nous passons Le pont aux sœurs baptisé ainsi au XIXème siècle, lors de la venue à Bonny des Sœurs de Coutances, son origine remonte vraisemblablement à la Renaissance ou un peu avant.
Nous continuons en direction de Cosne sur Loire et trouvons sur notre passage la quatrième centrale nucléaire de notre randonnée, Belleville sur Loire.
Midi, nous sommes à Cosne sur Loire où, pique nique avalé, nous partons à la recherche d’un bar pour boire un petit café. Cette opération, pas évidente pour un dimanche à treize heures trente, va nous permettre de visiter la ville. Nous trouvons enfin notre bonheur et avons la chance qu’il y ait eu un marché le matin, ce qui fait que l’établissement n’était pas encore fermé.
La ville donne une impression de sommeil ce dimanche après midi, nous ne pourrons pas visiter le musée de la Loire ni celui du Facteur qui sont fermés.
Nous quittons Cosne sur Loire rapidement. Objectif de l’après midi, découvrir Sancerre perché sur sa hauteur. Depuis Briare avec les coteaux du Giennois, nous sommes dans le vignoble du centre Loire. Malheureusement, arrivés à Saint Satur au pied de la butte, une brocante nous barre la route. Le seul accès possible est par la rampe la plus dure et le genou de Janine étant encore sensible nous ne prenons pas le risque. Nous  nous contentons d’admirer les coteaux aux parcelles bien entretenues et nous consolons en sachant que Saint Satur est une commune du terroir Sancerre.
Toutefois, notre visite à la brocante attire la curiosité de nombreux chalands et nous devons répondre à beaucoup de questions.
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La butte de Sancerre et une partie du vignoble
 Au premier plan les vignes de Pouilly Fumé
Nous repartons par le route des coteaux, ce qui nous permet d’avoir une vue splendide sur la butte de Sancerre. Au passage nous visitons Tracy-sur-Loire et son château. Outre la beauté du château de style renaissance, il représente six cents ans d’histoire de la même famille des comtes de Tracy, dont certains membres furent amis de La Fayette et Jefferson, et dont un épousa la nièce de Newton. Le château de Tracy est également un vignoble des Pouilly Fumé.
Notre maison d’hôtes « Ameline » est à Pouilly sur Loire, dix kilomètres plus loin. Nous y accédons par la route des coteaux de Pouilly, ce qui nous donne une vue imprenable sur les coteaux de Sancerre en face.
Un panneau nous indique « Pouilly sur Loire », nous sommes arrivés ou presque car quelques mètres plus loin nous tombons sur…une nouvelle brocante, à l’entrée de la localité. Par respect pour les exposants, Janine ne peut se dispenser de faire un petit tour, à la recherche de l’objet rare qui viendra enrichir sa collection de porte-savon.
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La maison d’hôtes Ameline à Pouilly sur Loire
Le Pouilly Fumé est issu du " Sauvignon blanc ", un cépage dont les grappes sont formées de petits grains ovoïdes, qui sont serrés les uns contre les autres et ressemblent à des œufs de mésange. A maturité, ces grains sont recouverts d'une pruine grise, couleur de fumée... ce qui explique pourquoi les vignerons de Pouilly parlent entre eux de " Blanc Fumé " pour désigner le cépage sauvignon ou les vins issus de ce cépage
Le qualificatif " fumé " se rapporte également aux arômes et au bouquet (ou au " fumet ") inégalables et reconnaissables entre tous (le fameux goût de " pierre-à-fusil " qui se dégage du frottement de deux silex), que lui confèrent les terroirs d'exception du Vignoble de Pouilly/Loire... c'est ce que GEORGES BLANCHARD (Poète patoisant nivernais) a très bien exprimé avec ses propres mots qui fleurent bon le terroir, dans un poème intitulé
 
" L' vin d' Pouilly "
Pouilly, si ton nom vagabonde
Si t'es connu du bout du Monde,
Té l'doué au jus d'tes pieds tordus.
Té l'doué au soleil, à la terre,
A tout s'qui dounne à ton raisin
Un sacré foutu caractère
Qui I'fait différent d' son vouésin.
C’est avec des textes comme celui la que l’on voit que le patois Bourguignon et celui des Charentes sont très proches pur ne pas dire identiques.
 
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Si Charles Martel a arrêté les arabes à Poitiers en 732
nous, nous sommes arrêtés à Pouilly pour les Arables en 2011.
 
Ce soir nous nous couchons plus savants que nous ne l’étions ce matin, mais demain il en sera fini de la route des vins sur le bord de Loire. Nous allons terminer notre périple à la limite des vins de Bourgogne.    

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commentaires

gegoenvelo 08/11/2011 18:40



Le dimanche dans les villages c'est triste , pas de resto ou d'épiceries d'ouverts .


 Bon rétablissement à Janine



cycloretraite 11/11/2011 10:02



Merci pour votre commentaire, je vois que vous avez les même problmèmes que nous.


Janine va bien maintenant. on pense déjà à l'an prochain


Bravo pour votre blog et vos voyages.


Christian